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Villers-Bretonneux, cimetière d’Adélaïde

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Le 24 avril 1918 – une période cruciale

Indications
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Le cimetière d’Adélaïde se trouve à l’ouest de la ville de Villers-Bretonneux, du côté nord de la route principale allant d’Amiens à St Quentin. Villers-Bretonneux est à 16 kilomètres à l’est d’Amiens. More

Le cimetière d’Adélaïde se trouve dans la banlieue de Villers-Bretonneux, à gauche de la N29 lorsque l’on vient d’Amiens. Le cimetière est situé en haut d’une pente le long d’un étroit sentier gazonné et bordé d’arbres sur la droite, et de grands champs et bois à gauche. L’étendue de ce cimetière, qui contient plus de 950 stèles, est d’abord surprenante. Mis à part le bruit d’un train qui passe parfois dans la tranchée derrière le cimetière, c’est un endroit paisible, qui selon un guide des champs de bataille, comprend « un éventail de plantes varié et charmant ». Le 24 avril 1918 cependant, ce secteur était un champ de bataille.

Panneaux indicateurs sur la route allant d’Amiens à Villers-Bretonneux en face du cimetière d’Adélaïde. [DVA]

Panneaux indicateurs sur la route allant d’Amiens à Villers-Bretonneux en face du cimetière d’Adélaïde. [DVA]

Sentier menant au cimetière d’Adélaïde. [DVA]

Sentier menant au cimetière d’Adélaïde. [DVA]

Cimetière d’Adélaïde. [DVA]

Cimetière d’Adélaïde. [DVA]

Entre le 21 mars et le 5 avril 1918, l’armée allemande monta une grande offensive de printemps qui repoussa les forces armées britanniques vers l’ouest et Amiens. Par rapport aux trois années précédentes, représentatives de ce que l’on appelait la « guerre des tranchées », l’action s’accéléra alors et les Allemands avancèrent rapidement sur les anciens champs de bataille de la Somme de 1916 et sur les larges plateaux au sud de la Somme vers Villers-Bretonneux. Ils furent tout près de prendre le contrôle de la ville le 4 avril, mais en furent empêchés par leur fatigue croissante et des attaques agressives de la part des troupes australiennes et britanniques. Trois semaines plus tard, le 24 avril 1918, les Allemands pénétrèrent enfin dans Villers-Bretonneux, prirent possession de la ville, et commencèrent à avancer vers l’ouest dans la campagne, au nord et au sud du cimetière d’Adélaïde.

Vue depuis la route principale pour Amiens du pont endommagé de la voie ferrée, près de Villers-Bretonneux, France, avril 1918. Le pont n’est pas loin derrière le cimetière d’Adélaïde en direction de la ville. [AWM E04787]

Vue depuis la route principale pour Amiens du pont endommagé de la voie ferrée, près de Villers-Bretonneux, France, avril 1918. Le pont n’est pas loin derrière le cimetière d’Adélaïde en direction de la ville. [AWM E04787]

Comme l’offensive ennemie commençait très tôt ce matin-là, le brigadier « Pompey » Elliott de la 15e Brigade de l’AIF, en réserve au nord-est de Villers-Bretonneux, envoya deux patrouilles du 59e Bataillon menées par les lieutenants John Christian, originaire de Northcote dans le Victoria, et Roy Callander, originaire de Numukah dans le Victoria. Toutes deux avancèrent lentement jusqu’au pont de la voie ferrée au-dessus de la route allant de Fouilloy à Cachy, la D523, que l’on peut voir à travers les champs vers l’ouest au-delà du cimetière d’Adélaïde. C’est là qu’elles découvrirent un jeune officier d’artillerie britannique, le lieutenant A. Butler, à la tête de deux canons de campagne. Les Australiens avaient pour ordre de continuer jusqu’à la périphérie de Villers-Bretonneux, de voir ce qu’il s’y passait et de rendre compte au général Elliott. Les patrouilles ne rencontrèrent aucun Allemand, mais virent partout des soldats britanniques isolés, et à leur retour, Christian et Callander reçurent l’ordre de repartir aider à maintenir coûte que coûte les positions près du pont de la voie ferrée. Leurs hommes creusèrent alors de petites lignes de défense dans les champs juste derrière la voie ferrée au-delà du cimetière d’Adélaïde, où ils exhortèrent les soldats britanniques qui sortaient de Villers-Bretonneux à les y rejoindre. Ce fut un moment crucial. Mis à part ces positions et le canon de Butler, presque rien n’aurait pu retenir l’ennemi si celui-ci avait résolu de suivre la route en direction d’Amiens.

Ligne Amiens-Villers-Bretonneux à l’arrière du cimetière d’Adélaïde. [DVA]

Ligne Amiens-Villers-Bretonneux à l’arrière du cimetière d’Adélaïde. [DVA]

Vue sur l’ouest du cimetière d’Adélaïde. [DVA]

Vue sur l’ouest du cimetière d’Adélaïde. [DVA]

Pont de la voie ferrée sur la D523 allant de Fouilloy à Cachy. [DVA]

Pont de la voie ferrée sur la D523 allant de Fouilloy à Cachy. [DVA]

Vue depuis le pont de la voie ferrée sur la D523 allant de Fouilloy à Cachy sur les champs en direction du cimetière d’Adélaïde. [DVA]

Vue depuis le pont de la voie ferrée sur la D523 allant de Fouilloy à Cachy sur les champs en direction du cimetière d’Adélaïde. [DVA]

Les Allemands arrivèrent sans tarder. Un char d’assaut allemand avançait le long de la voie ferrée et des soldats allemands se déversaient hors de la ville et avançaient rapidement vers le sud-ouest du cimetière d’Adélaïde sur la campagne en direction du bois d’Aquenne et du bois l’Abbé. Le lieutenant Christian, un lieutenant supérieur alors chargé de la ligne australienne, essuyait des pertes dues aux tirs de mitrailleuses allemandes venant du char d’assaut et d’autres postes de tir. Il décida de battre en retraite sur environ 50 mètres vers la ligne britannique qui avait été établie par le lieutenant-colonel Hill, commandant du 2e Bataillon, Régiment du Lancashire oriental, et qui accueillit volontiers les Australiens :

J’avais beaucoup de mal à défendre la ligne […] Il n’y avait aucune tranchée de quelque sorte que ce soit, et les Allemands me débordèrent à droite et nous tirèrent dessus depuis les arrières à la mitrailleuse. Au moment où les choses commençaient à ne pas être très reluisantes, un de vos subalternes (de l’AIF), très jovial, arriva avec sa patrouille. Il s’appelait Christian. Lui et ses hommes nous aidèrent à arrêter les Allemands qui tentèrent de nous prendre d’assaut juste après l’arrivée de C.

Lieutenant-colonel Hill cité par Charles Bean dans The Australian Imperial Force in France during the Main German Offensive, 1918, Volume V, The Official History of Australia in the War of 1914-1918 (Les Forces armées impériales australiennes en France pendant la grande offensive allemande, 1918, Volume V, Histoire officielle de l’Australie pendant la guerre 1914-1918), Sydney, 1941, p. 546

L’ancienne ligne allemande au Bois de l'Abbé, près de Villers-Bretonneux, France, avril 1918. [AWM E04792]

L’ancienne ligne allemande au Bois de l'Abbé, près de Villers-Bretonneux, France, avril 1918. [AWM E04792]

Là, ces petites forces résistèrent toute la journée, offrant ce que Charles Bean décrit comme « un élément de certitude dans une position autrement vague ».

Ce jour-là, le 24 avril 1918, les Allemands prirent le contrôle de Villers-Bretonneux, mais à l’ouest de la ville, vers Amiens, ils ne firent que des progrès limités. En effet, lorsque l’on se trouve dans le cimetière d’Adélaïde, entouré des stèles de tant de soldats australiens, britanniques et canadiens de l’armée de terre comme de l’air, on peut se dire que cet endroit est le point ultime jamais atteint par l’armée allemande en direction d’Amiens depuis sa brève capture en 1914. Après la guerre, les Touring-Clubs de France et de Belgique érigèrent un certain nombre de démarcations, appelés bornes Vauthier, tout au long de l’ancien front occidental, pour montrer la limite de l’avancée allemande. L’une de ces pierres est située à la sortie de Villers-Bretonneux sur la route menant vers l’est, la N29, juste avant le panneau marquant la limite de la ville. L’emplacement de chaque pierre fut convenu par l’état-major général français et sur chacune d’entre elle se trouve l’inscription « Ici fut repoussé l’envahisseur, 1918 ».

À Villers-Bretonneux, la borne Vauthier semble être au mauvais endroit. Elle aurait davantage sa place sur la route qui va vers l’ouest en direction d’Amiens, où ce petit groupe de soldats australiens et britanniques combattirent toute la journée du 24 avril 1918, sous le commandement du lieutenant-colonel Hill et du lieutenant John Christian, pour empêcher les Allemands d’avancer plus. Le colonel britannique était certainement plein de reconnaissance pour cet officier australien « très jovial », une reconnaissance dont il fit preuve dans sa recommandation de celui-ci pour la Croix militaire pour la bravoure dont il avait fait preuve ce jour-là :

Lors d’un moment crucial de l’action à Villers-Bretonneux le 24 avril 1918, cet officier est arrivé avec une patrouille de 16 autres soldats et est venu me tenir rapport sous le feu ennemi. J’avais alors très peu d’hommes avec moi et l’ennemi tentait de déboucher de la périphérie ouest du village. Cet officier m’a immédiatement offert les services de ses hommes, et a montré lui-même le plus grand sang-froid et courage lors de leur mise en position. Il m’a été d’une aide immense toute la journée et comme il semblait qu’aucun de [ses] messages n’était arrivé à destination, il a fini par proposer de retourner lui-même rendre compte de la situation – ce qu’il fit avec succès.

Recommandation pour la Croix militaire, lieutenant John Carlyle Christian, 59e Bataillon de l’AIF, version Internet http://www.awm.gov.au/cms_images/awm28/2/92/0004.pdf


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