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Bataille de Broodseinde
4 octobre 1917

L’artillerie australienne combattant près de Zonnebeke, octobre 1917. [AWM E01209]

L’artillerie australienne combattant près de Zonnebeke, octobre 1917. [AWM E01209]

Dès la fin de septembre 1917, « l’offensive de Flandres » [cf. les batailles de Messines, de la route de Menin et du bois du Polygone] semblait bien progresser. Les tactiques « mordre et tenir bon » avaient repoussé les Allemands à travers leurs défenses vers les hauteurs de la crête qui traversait le village de Passchendaele. Le coût en avait été élevé tant en hommes qu’en matériel, mais on estimait que le moral des Allemands avait été affaibli. Le système de contre-attaques ennemies avait connu des défaillances face aux tirs fournis de l’artillerie britannique et, jusqu’à présent, les forces britanniques avaient été bien soutenues par leurs armes.

Le 4 octobre 1917, l’opération « mordre et tenir bon » suivante fut lancée, celle de la bataille de Broodseinde. Douze divisions, dont trois divisions australiennes et la division néo-zélandaise, lancèrent l’assaut sur un front de 13 kilomètres, quatre divisions Anzac (Australie+Nouvelle-Zélande) combattant côte à côte pour la première fois. Celles-ci étaient disposées de la façon suivante de gauche à droite (c. à d. du nord au sud) : la division néo-zélandaise suivie des troisièmes, deuxièmes et premières divisions australiennes. Les Australiens se trouvaient en face de la crête principale.

Les préparatifs de l’attaque furent accélérés afin qu’elle puisse avoir lieu avant que le temps clément de la quinzaine précédente ne se gâte. La nuit du 3 octobre, la pluie commença à tomber, mais on décida que l’attaque aurait néanmoins lieu comme prévu. Le 4 octobre, au lever du jour, 40 minutes avant l’heure fixée pour le début de l’attaque à 6 h 00 du matin, les premières et deuxièmes divisions furent soudain frappées par un barrage de tirs allemands visant les cratères d’obus dans lesquels elles patientaient. Ces tirs firent de nombreuses victimes mais les Australiens ne pouvaient rien faire d’autre qu’attendre la fin des bombardements.

À 6 h 00 du matin, le barrage britannique débuta, les Australiens se levèrent et avancèrent – pour tomber sur une ligne de troupes allemandes qui elles aussi s’étaient levées au même moment à 30 mètres de distance. Ces dernières avançaient derrière leur propre barrage pour tenter de reprendre une partie du terrain perdu plus tôt. Les Allemands hésitèrent, alarmés par le fait qu’en face se tenaient des forces d’attaque plus importantes que la leur. Les Australiens ouvrirent le feu et l’ennemi rompit ses lignes, pourchassé par plusieurs vagues d’attaquants.

A la suite d’un combat aussi acharné que d’habitude autour des casemates, les Australiens remportèrent tous leurs objectifs sur la crête – non sans déplorer 6 500 victimes ; les Néo-zélandais, quant à eux, perdirent 1 700 hommes. Sur l’ensemble de la ligne, l’attaque avait réussi, donnant ainsi aux forces anglaises leur premier aperçu depuis mai 1915 des basses terres situées au-delà de la crête. Charles Bean, l’historien australien officiel, décrivit Broodseinde en ces termes :

Ce fut ce jour-là un très grand succès – de fait, le succès plus total obtenu à ce jour par l’armée anglaise en France depuis le début de la guerre.

Charles Bean, Anzac to Amiens (L’Anzac à Amiens), Canberra, 1948, p. 371


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