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Bataille du bois du Polygone
26 septembre 1917
Bunker (ou casemate) allemand pris par les soldats australiens lors de la bataille du bois du Polygone le 26 septembre 1917 [AWM E00904]
Le 26 septembre 1917, la bataille du bois du Polygone fut la deuxième opération « mordre et tenir bon » de la troisième bataille d’Ypres à laquelle les Australiens participèrent. [Cf. « La bataille de la route de Menin » pour une description des tactiques « mordre et tenir bon ».]
La zone prise le 20 septembre 1917 lors de la bataille de la route de Menin avait été mise à mal par les obus des deux armées et il fallait aménager des routes avant de pouvoir acheminer les équipements d’artillerie et autres ravitaillements. Des pistes de planches pour le trafic lourd, des voies de chemins de fer légers, des pistes pour mulets et même une voie monorail expérimentale de courte longueur furent rapidement aménagées. Des voies d’accès pour les matériaux de construction étaient en effet essentielles au succès des opérations « mordre et tenir bon ».
Les forces australiennes qui avaient participé à la bataille du bois du Polygone étaient les quatrièmes et cinquièmes divisions, qui, outre l’infanterie, comprenaient l’artillerie, les ingénieurs, le personnel médical et des centaines d’hommes chargés du ravitaillement et du transport. Tous les matériaux de guerre essentiels devaient être acheminés au front au moyen de wagons sur des routes et des pistes sujettes à des bombardements lourds. Les chevaux et les hommes souffraient beaucoup. Pendant qu’une route endommagée par des cratères était réparée, les conducteurs devaient s’asseoir et attendre en maîtrisant leurs chevaux alors que les obus pleuvaient autour d’eux. Charles Bean, l’historien australien officiel, commenta en ces termes :
Ils appartenaient à la meilleure catégorie d’hommes produite par leur pays, d’humbles hommes de la campagne. Ils attendaient patiemment jusqu’à ce que les dégâts soient réparés ou qu’un wagon ou des chevaux touchés soient dégagés de la route et poursuivaient ensuite leur tâche essentielle. L’efficacité sans ostentation et la maîtrise de soi de ces hommes solides étaient tout aussi remarquables que n’importe quel succès australien pendant la guerre.
Charles Bean, The AIF in France: 1917, The Official History of Australia in the War of 1914–1918 (L’AIF en France: 1917, l’histoire officielle de l’Australie durant la guerre de 1914–1918), Volume 4, Sydney, 1941, pp. 794–795
La bataille du bois du Polygone tirait son nom d’une forêt de plantation qui longeait l’axe de l’avance australienne du 26 septembre 1917. Les obus avaient transformé la forêt en un amas de souches et de troncs brisés. L’attaque prévue fut presque avortée par une attaque allemande 24 heures plus tôt visant les troupes anglaises qui tenaient la ligne au sud de la cinquième division. Les Australiens, censés attaquer le matin suivant, aidèrent à repousser les Allemands, mais on se préoccupait de la faiblesse potentielle de l’aile pendant l’opération à venir.
Le barrage de l’artillerie anglaise qui débuta à 5 h 50 du matin le 26 septembre, alors qu’on commençait juste à apercevoir le plateau du Polygone, fut décrit par Charles Bean en ces termes :
… le barrage le plus parfait qui ait jamais protégé les troupes australiennes. Il sembla éclater … en un unique effondrement. Le terrain était sec et les éclats d’obus soulevaient un rideau de poussière qui semblait presque solide. Le nuage était si dense que les éclats individuels … ne pouvaient être distingués. Rugissant, assourdissant, il roulait devant les troupes « comme un feu de brousse dans le Gippsland ».
Charles Bean, The AIF in France: 1917, The Official History of Australia in the War of 1914-1918 (Les Forces armées impériales australiennes (AIF) en France : 1917, l’histoire officielle de l’Australie durant la guerre de 1914–1918), Volume 4, Sydney, 1941, p. 813
Sept divisions, dont cinq anglaises et deux australiennes, avançaient derrière l’écran d’obus – « le barrage roulant » comme on l’appelait – et s’emparèrent de la plupart de leurs objectifs. Au sud, malgré les problèmes de la veille, les Australiens atteignirent non seulement leurs propres objectifs mais aussi ceux qui avaient été attribués aux unités anglaises voisines. Les Allemands lancèrent plusieurs contre-attaques mais celles-ci furent contrecarrées par de lourds barrages d’artillerie défensifs employés pour protéger l’infanterie et l’aider à consolider ses objectifs. La bataille du bois du Polygone fit 5 770 victimes australiennes.
Une caractéristique de la bataille du bois du Polygone tient aux actions féroces de « nettoyage » visant à éliminer les défenseurs allemands retranchés dans les casemates qui avaient été épargnés par les éclats d’obus. Le soldat de deuxième classe Patrick Bugden, 31e bataillon (Queensland et Victoria) y joua un rôle proéminent. Athlète de naissance, Bugden sauva un camarade capturé par les Allemands et, ce faisant, tua la plupart de ceux qui l’avaient fait prisonnier. Bugden, qui par la suite fut abattu, reçut la Victoria Cross (Croix de Victoria) à titre posthume.
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![Bunker (ou casemate) allemand pris par les soldats australiens lors de la bataille du bois du Polygone le 26 septembre 1917 [AWM E00904]](/zonnebeke/images/awm-e00904-tn.jpg)