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Bellenglise, Monument aux morts de la 4e Division australienne

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Impossible de les arrêter - Monument aux morts de la 4e Division

A proximité de l’autoroute A26, et le long de routes secondaires au départ du village de Bellenglise, le monument aux morts de la 4e Division est le plus à l’est et le plus isolé des quatre monuments aux morts divisionnaires situés en France. Érigé sur les hauteurs du lieudit Les Chaudries, on peut également y accéder en empruntant une route secondaire vers la campagne qui vire sur la gauche à partir de la D31 au lieudit Le Petit Arbre, un petit groupement d’habitations situé environ 1,5 kilomètres avant Bellenglise.

Route secondaire quittant la D31 au lieudit Le Petit Arbre. [DVA]

Route secondaire quittant la D31 au lieudit Le Petit Arbre. [DVA]

Paysages au nord de la D31 menant au Monument aux morts de la 4e Division, Les Chaudries. [DVA]

Paysages au nord de la D31 menant au Monument aux morts de la 4e Division, Les Chaudries. [DVA]

Pont enjambant l’autoroute A26 avec le Monument aux morts de la 4e Division, lieudit Les Chaudries à l’arrière-plan. [DVA]

Pont enjambant l’autoroute A26 avec le Monument aux morts de la 4e Division, lieudit Les Chaudries à l’arrière-plan. [DVA]

Au sommet d’une colline, la route mène sur la droite et enjambe l’autoroute A26. C’est de loin le meilleur moyen d’accéder au monument car c’est ici le 18 septembre 1918 que les bataillons d’infanterie de la 4e Division australienne avancèrent pour prendre ce qu’on appelle « les bastions extérieurs de la ligne Hindenburg ».

Au début 1919, bien après la fin de la guerre, les différentes unités de la 4e Division reçurent un télégramme urgent du quartier général de la division leur demandant qu’en l’espace d’une semaine ils envoient des propositions d’emplacement pour le site du monument aux morts de la division. On leur enjoignait d’éviter Villers-Bretonneux comme possibilité. Ceci donna lieu à une forte réaction de la part d’un officier du 45e Bataillon (Nouvelle-Galles du Sud) dont il fit part à son chef de corps :

Je souhaite protester avec véhémence quant à l’action arbitraire visant à allouer Villers-Bretonneux à une quelconque autre division au préjudice de la 4e. Je suis si fermement décidé sur ce point que je souhaite qu’on achemine ma protestation par les voies appropriées au Premier ministre australien, assortie d’une demande selon laquelle il veuille bien faire une enquête sur la question. J’ai motif de croire que l’on a l’intention d’allouer Villers-Bretonneux à une division qui, que ce soit sur le terrain ou au nom d’actions spéciales accomplies dans la zone ou générales pendant la guerre, n’y a pas droit.

Lettre au chef de corps, 45e Bataillon de l’AIF, 13 mars 1919, ‘Memorials on battlefields (April 1919)’ (Monuments aux morts sur les champs de bataille (avril 1919)), 4e Division, 623/9, AWM27

L’écrivain ne précisa pas de quelle division il s’agissait. Il ne pouvait pas savoir que Villers-Bretonneux avait déjà été choisi comme site pour un monument aux morts représentant l’ensemble du Corps d’armée australien. Finalement, c’est bien sur ce site que fut érigé le monument aux morts national australien et le monument aux morts pour les disparus de l’AIF en France entre 1916 et 1918.

Les unités de la 4e Division recensèrent plusieurs possibilités pour l’emplacement du monument aux morts divisionnaire. Un site non loin de l’actuel monument aux morts du Corps d’armée australien sur une colline à l’est de Le Hamel fut proposé en raison de la contribution de la division à la défense d’Amiens entre mars et août 1918. Une autre proposition touchait à un emplacement près de la ville d’Albert afin de commémorer les pertes énormes de la division dans le cadre des combats des alentours de Pozières et de la ferme de Mouquet de juillet-août 1916. Pozières fut même suggéré comme un endroit « où plus de courage et de résistance physique avaient été nécessaires chez tous les individus concernés pour tenir cette crête que ne fut le cas lors d’opérations ultérieures ». Un emplacement proche de Bullecourt fut également proposé car la Division y avait combattu désespérément en 1917.

Monument aux morts de la 4e Division, Les Chaudries, Bellenglise. [DVA]

Monument aux morts de la 4e Division, Les Chaudries, Bellenglise. [DVA]

Vue depuis le Monument aux morts de la 4e Division, Les Chaudries, Bellenglise. Les Australiens luttèrent pour dominer ces terres pendant la capture des « bastions extérieurs de la ligne Hindenburg » des 18 et19 septembre 1918. [DVA]

Vue depuis le Monument aux morts de la 4e Division, Les Chaudries, Bellenglise. Les Australiens luttèrent pour dominer ces terres pendant la capture des « bastions extérieurs de la ligne Hindenburg » des 18 et19 septembre 1918. [DVA]

Panneau du Monument aux morts de la 4e Division, Les Chaudries. [DVA]

Panneau du Monument aux morts de la 4e Division, Les Chaudries. [DVA]

Finalement, après ce que le chef de corps de la Division, le général de division Ewen Sinclair-MacLagan appela « deux réunions longues et prolixes », la 4e Division opta pour les hauteurs de Les Chaudries au nord du village de Bellenglise qui donnaient sur le canal de St Quentin. C’est en effet depuis cet emplacement, en septembre 1918, que les défenses principales allemandes de la ligne Hindenburg étaient visibles et entre le 18 et le 24 septembre, ce lieu fut le théâtre d’« une opération extrêmement réussie » et « le point culminant des efforts de la 4e Division australienne pendant la guerre ». Un officier allemand qui fut capturé pendant ces opérations aurait dit à leur sujet :

Vos hommes sont si courageux et ont tellement d’allant qu’il est impossible de les arrêter.

Officier allemand anonyme cité dans ‘Memorials on battlefields (April 1919)’ (Monuments aux morts sur les champs de bataille (avril 1919)), 4e Division, 623/9, AWM27

Qu’avaient donc fait les soldats de la 4e Division ici au lieudit Les Chaudries ?

Monument aux morts de la 4e Division, Les Chaudries, Bellenglise. [DVA]

Monument aux morts de la 4e Division, Les Chaudries, Bellenglise. [DVA]

Le village de Bellenglise, tel qu’il apparaît depuis la ligne du front tenue par le 46e Bataillon (Victoria), France, septembre 1918. [AWM E03390]

Le village de Bellenglise, tel qu’il apparaît depuis la ligne du front tenue par le 46e Bataillon (Victoria), France, septembre 1918. [AWM E03390]


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