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Dernancourt

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Rue d’Australie – Dernancourt

Indications
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On peut se rendre au petit village de Dernancourt dans la Somme, depuis Albert, situé à quatre kilomètres de là sur la D52. More

Panneau d’entrée dans le village de Dernancourt, route allant d’Albert à Dernancourt. [DVA]

Panneau d’entrée dans le village de Dernancourt, route allant d’Albert à Dernancourt. [DVA]

Une fois à Dernancourt, une rue bifurquant à gauche mène à la place principale du village, autour de laquelle les noms de rue rendent hommage à certains épisodes de la Première Guerre mondiale. On y trouve la rue de Verdun, qui tire son nom de la terrible bataille dans l’est de la France au début 1916, lors de laquelle le chef d’état-major allemand, le maréchal Erich von Falkenhayn, mena une guerre d’usure contre l’armée française. Il avait pour objectif de créer une situation dans laquelle la France, selon lui, « devra saigner à mort ».

Rue de Verdun, Dernancourt.

Rue de Verdun, Dernancourt. [DVA]

Rue du Maréchal Pétain, Vainqueur de Verdun, Dernancourt.

Rue du Maréchal Pétain, Vainqueur de Verdun, Dernancourt. [DVA]

Falkenhayn pensait que les Français lanceraient tous leurs hommes pour défendre Verdun, car c’était là qu’ils avaient subi de lourdes pertes contre l’armée prussienne lors de la guerre franco-prussienne de 1870, et les forts du secteur semblaient symboliser la résistance française contre l’Allemagne.

Si les Français subirent en effet de terribles pertes, les Allemands subirent le même sort. Finalement menés par le général (plus tard maréchal de France) Henri Philippe Pétain, les Français tinrent les Allemands à distance. Pétain exprima son attitude lors de la relève de la défense du secteur par les mots bien connus : « Ils ne passeront pas ». Il n’est donc pas étonnant que Dernancourt ait une rue appelée Rue du Mal (Maréchal) Pétain, Vainqueur de Verdun.

Georges Clémenceau, Premier ministre français, 1917-1920. [AWM H12178]

Georges Clémenceau, Premier ministre français, 1917-1920. [AWM H12178]

Rue Georges Clémenceau, Dernancourt. [DVA]

Rue Georges Clémenceau, Dernancourt. [DVA]

Une autre figure historique commémorée à Dernancourt est Georges Clémenceau, Premier ministre français pendant les dernières années de la Première Guerre mondiale, et lors des négociations de la Conférence de paix de Paris en 1919. Tout comme Billy Hughes, le Premier ministre australien qui, du fait de son soutien aux hommes de l’AIF sur le front occidental, fut surnommé « Little Digger » (« digger » étant le surnom donné aux soldats australiens et néo-zélandais), Clémenceau était lui aussi populaire auprès de ses troupes, les Poilus, qui le baptisèrent « Père la Victoire ».

L’attitude belliqueuse de Clémenceau (« la guerre jusqu'au bout ») plaisait aux chefs d’état qui partageaient ses ambitions, comme Hughes ou le Premier ministre britannique David Lloyd George. Lors de la Conférence de la paix en 1919, Clémenceau rendit hommage en anglais à la manière rude que Hughes avait de négocier : « They tell me, Mr ‘Ughes, that you have been a cannibal! » (« On m’apprend, Monsieur Hugues, que vous avez agi comme un cannibale ! »).

Rue d’Australie, Dernancourt. [DVA]

Rue d’Australie, Dernancourt. [DVA]

Pavillon Adélaïde, Dernancourt. [DVA]

Pavillon Adélaïde, Dernancourt. [DVA]

Pavillon Adélaïde, Dernancourt. [DVA]

Pavillon Adélaïde, Dernancourt. [DVA]

Kangourou, Pavillon Adélaïde, Dernancourt. [DVA]

Kangourou, Pavillon Adélaïde, Dernancourt. [DVA]

Les liens entre Dernancourt et l’Australie se font voir dans les noms d’endroits comme la rue d’Australie ou l’école Pavillon Adélaïde. Suite à la 1ère Guerre mondiale, de nombreuses régions de France ayant été en grande partie détruites par la guerre, appelées les « régions dévastées », furent « adoptées » par des endroits au Royaume-Uni, et les habitants, devenus des réfugiés, reçurent de l’aide pour rebâtir leurs existences et leurs maisons. Dernancourt reçut les mêmes bons traitements des habitants d’Australie-Méridionale.

Dans les pays comme la Grande-Bretagne, les États-Unis et l’Australie, on voyait la France et la Belgique, dont une grande partie du territoire avait été sous occupation allemande et où les plus grandes batailles avaient été menées, comme des pays ayant davantage souffert par rapport aux autres nations alliées. Des magazines populaires, comme The War Illustrated en Grande-Bretagne, publia des articles et des photographies pendant toute la guerre montrant et décrivant ces « régions dévastées » :

De nombreux villages ne sont plus que des tas de briques et de décombres. Dans certains d’entre eux, quelques maisons sans toit tiennent encore debout. Mais dans d’autres il ne reste plus rien, ou rien en tout cas qui dénoterait une habitation humaine passée. Tout a purement et simplement été anéanti. Il n’y a plus de maisons, d’églises ou de granges, plus de bâtiments, de quelque type que ce soit. Il ne subsiste que des monticules parsemés d’ardoises et de tessons, pour marquer ce qui était auparavant des foyers où vivaient des hommes et des femmes.


http://www.greatwardifferent.com/Great_War/Devastated/Devastated_01.htm

Deux femmes françaises dans le village de Maretz venant d’être libéré, France, octobre 1918. [AWM E03556]

Deux femmes françaises dans le village de Maretz venant d’être libéré, France, octobre 1918. [AWM E03556]

Soldat australien conduisant une faneuse dans un pré de la Somme, août 1918. [AWM E03926]

Soldat australien conduisant une faneuse dans un pré de la Somme, août 1918. [AWM E03926]

Soldats australiens érigeant une meule de foin près de Corbie, France, août 1918. [AWM E03928]

Soldats australiens érigeant une meule de foin près de Corbie, France, août 1918. [AWM E03928]

Pendant la plus grande partie de la guerre, Dernancourt se trouvait derrière les lignes alliées et était bien connu des soldats australiens pendant leur séjour dans la Somme entre juillet 1916 et mars 1917. En 1920, le maire de Dernancourt, écrivant à un comité d’Adélaïde, en Australie-Méridionale, se remémore la présence australienne dans son village :

Dernancourt devint un camp de repos pour les troupes. L’armée australienne offrit son aide aux fermiers, qui manquaient terriblement de main-d’œuvre, et on assista au spectacle inoubliable de soldats, qui étaient hier encore dans les tranchées, participer aux travaux des champs, charriant, semant, plantant et moissonnant avec bonne humeur. On aurait dit que ces soldats travaillaient pour leur compte.

Maire de Dernancourt, cité par Geoffrey H. Manning dans Alms Across the Sea – A Tale of Two Towns, Part IV – Tales of Adelaide, Essay No. 15, Occasional Essays on South Australian History (‘De l’autre côté de la mer – Un conte de deux villes, Partie 1V – Contes d’Adélaïde, Essai No. 15, Essais occasionnels sur l’histoire de l’Australie-Méridionale), http://www.slsa.sa.gov.au/manning/sa/ww1/communit.htm

Villageois français prenant plaisir à fumer une rare cigarette offerte par un membre de la 1ère Compagnie de tunneliers australiens, juste après la libération du village de Busigny, France, octobre 1918. [AWM E03649]

Villageois français prenant plaisir à fumer une rare cigarette offerte par un membre de la 1ère Compagnie de tunneliers australiens, juste après la libération du village de Busigny, France, octobre 1918. [AWM E03649]

Cependant, en mars-avril 1918, lorsque les Allemands lancèrent leur grande offensive sur la Somme, Dernancourt devint le nouveau front. Le village fut détruit par les obus et ses habitants furent forcés de fuir. En 1920, Dernancourt reçut le titre de « filleul d’Australie-Méridionale », et de l’aide pratique fut envoyée à ses habitants par les gens d’Australie-Méridionale, qui collectaient de l’argent en leur nom et leur envoyaient des vêtements. En 1921, une fête fut organisée dans le village pour remercier l’Australie-Méridionale et la rue Clémenceau fut décorée d’un arc de triomphe portant les mots : « Adélaïde Merci ».

Extension du cimetière communal de Dernancourt. [DVA]

Extension du cimetière communal de Dernancourt. [DVA]

Comme clou de la fête, une procession avait été organisée, qui traversait le village, passait sous le pont de la voie ferrée, pour se rendre au cimetière militaire britannique, le cimetière communal de Dernancourt et son extension. Les unités d’ambulances de campagne britanniques avaient commencé à enterrer leurs morts au cimetière communal en 1915 et en août 1916, un poste de secours britannique important qui gérait le déluge de blessés venant de la bataille de la Somme, avait commencé à construire l’extension du cimetière. Après la guerre, d’autres tombes isolées y furent transférées et aujourd’hui, Dernancourt est l’un des plus grands cimetières militaires du Commonwealth dans la Somme. En 1921, les habitants de Dernancourt en étaient venus à honorer une tombe en particulier dans le cimetière communal, celle du lieutenant-colonel Albert Leane (rangée A, tombe 5). Leane, un membre d’une grande famille d’Australie-Méridionale, s’était distingué pendant la guerre mais mourut de ses blessures provenant d’un tir d’obus le 4 janvier 1917. À son retour à Dernancourt, la procession passa dans la rue du Mal (Maréchal) Pétain, Vainqueur de Verdun, sous un arc portant les mots « Australie Pour Toujours » (« Australia For Ever »).


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