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La route de Flers

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Les bienfaits à venir dans ces douloureuses pertes

Australiens, notamment un canonnier, avançant vers le front près de Longueval, janvier 1917. [AWM E00136]

Australiens, notamment un canonnier, avançant vers le front près de Longueval, janvier 1917. [AWM E00136]

Coquelicots dans un champ près de Flers. [DVA]

Coquelicots dans un champ près de Flers. [DVA]

Le Mémorial terre-neuvien de Gueudecourt, sur la route passant derrière Gueudecourt, la D574, est un endroit indiqué pour finir un tour des champs de bataille de la Somme. Peu de visiteurs se rendent dans ce lieu isolé et facilement oublié. Après la guerre, le territoire de la Terre-Neuve y plaça le mémorial du Caribou dans un petit parc du champ de bataille contenant une portion de tranchée d’origine. Les hommes du Régiment de Terre-Neuve arrachèrent les tranchées dans cette zone des mains allemandes le 12 octobre 1916, et ce fut le point le plus avancé de l’Empire britannique durant la bataille de la Somme, qui commença le 1er juillet 1916 et s’enlisa et prit fin autour de Flers lors d’offensives australiennes et britanniques inutiles début novembre. Pendant l’hiver 1916-17, c’était les Australiens qui tenaient cette tranchée.

« Le Caribou », Mémorial terre-neuvien de Gueudecourt. [DVA]

« Le Caribou », Mémorial terre-neuvien de Gueudecourt. [DVA]

Soldats australiens, tranchée de Biscuit Trench, Gueudecourt, décembre 1916. [AWM E00103]

Soldats australiens, tranchée de Biscuit Trench, Gueudecourt, décembre 1916. [AWM E00103]

Australian official correspondent, and later official war historian, Charles Bean, wading through mud in Gird Trench near Gueudecourt, c.1917

Correspondant officiel australien, et plus tard historien officiel de la guerre, Charles Bean marchant dans la boue de la tranchée de Gird Trench près de Gueudecourt, vers 1917 [AWM E00572]

Brancardiers australiens portant un blessé à travers la boue près du bois de Delville, décembre 1916. [AWM E00049]

Brancardiers australiens portant un blessé à travers la boue près du bois de Delville, décembre 1916. [AWM E00049]

À trois kilomètres de là, de l’autre côté des champs, au nord-est, se trouve la ville de Bapaume, l’objet de l’offensive britannique du 1er juillet 1916. Le général Douglas Haig, le commandant en chef du corps expéditionnaire britannique, visait une grande percée des lignes allemandes assez tôt, mais lorsque ce plan échoua, ses armées continuèrent à harceler les postes allemands, les repoussant mètre par mètre. Entre juillet et novembre 1916, les forces britanniques avancèrent, une offensive après l’autre, depuis leur point de départ autour du village de Montauban, selon l’historien britannique Martin Middlebrook, à une vitesse d’environ 74 mètres par jour. Il tuèrent ou blessèrent quelque 230 000 Allemands, selon des experts contemporains, Robin Prior et Trevor Wilson, The Somme (La Somme), Sydney, 2006, p. 301. Les pertes britanniques dans ces offensives s’élevèrent à 432 000, dont des Australiens. Ces chiffres évoquent les vers du poète John Oxenham à l’entrée du Newfoundland Park, à quelques kilomètres au nord :

Tread softly here! Go reverently and slow!
(Ici, marchez lentement, avec égard et délicatesse !)
You let your soul go down upon its knees
(Laissez votre âme s’agenouiller)
And with bowed head, and heart abased strive hard
(Avec la tête penchée et le cœur humble, essayez)
To grasp the future gain in the sore loss!
(De trouver les bienfaits à venir dans ces douloureuses pertes !)

Plaque commémorative de la Terre-Neuve, Gueudecourt. [DVA] Tranchée d’origine de la Première Guerre mondiale, Mémorial terre-neuvien de Gueudecourt (le « Caribou »). [DVA]

Plaque commémorative de la Terre-Neuve, Gueudecourt. [DVA] Tranchée d’origine de la Première Guerre mondiale, Mémorial terre-neuvien de Gueudecourt (le « Caribou »). [DVA]

Mémorial terre-neuvien de Gueudecourt. [DVA]

Champ près de Flers. [DVA]

Champ près de Flers. [DVA]

Le meilleur moment pour venir ici est un jour lorsque le grand vent de l’Atlantique vous taillade la peau et la pluie vous fouette le visage. On comprend alors mieux la réalité des mots du capitaine Walter Belford, l’historien du 11e Bataillon, sur Flers et Gueudecourt :

… aucune plume ne pourrait décrire de manière juste la misère et les privations des hommes sur le front. Les tranchées étaient des fossés affreux pleins d’eau et de boue, et de corps décomposés de héros de batailles déjà oubliés […] La pluie tombait presque tous les jours, il n’y avait pas de système d’écoulement, et le froid empêchait les vêtements de sécher […] la boue était le seigneur de ce secteur […] les troupes ne gardent qu’un seul souvenir, horrible, de Flers : la boue. C’était comme si toute la région avait flétri sous la terrible pression à laquelle elle était soumise, comme si l’ossature de cette terre avait disparu, ne laissant derrière elle qu’une masse molle et visqueuse où les troupes se mouraient.

Cotterill, cité par Walter Belford dans Legs Eleven, Being the Story of the 11th Battalion (AIF) in the Great War of 1914-1918 (Legs-Eleven, Histoire du 11e bataillon de l’AIF pendant la Grande Guerre de 1914-18), Perth, 1940, p. 360 -1

Une mule épuisée, Fricourt, décembre 1916 [AWM E00091]

Une mule épuisée, Fricourt, décembre 1916 [AWM E00091]

L’ancienne route de Flers, Will Dyson, janvier 1917. [Lithographie sur papier AWM ART02215_007]

L’ancienne route de Flers, Will Dyson, janvier 1917. [Lithographie sur papier AWM ART02215_007]


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