Belgique 1917: Troisième bataille d’Ypres

Ypres, une promenade autour d’Ypres

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Halles aux draps (Lakenhalle) sur la Grand-Place (Grote Markt)

Les Halles aux draps (Lakenhalle), Ypres [DVA]

Les Halles aux draps (Lakenhalle), Ypres [DVA]

Le « Nieuwerck » (littéralement « nouvel ouvrage »), érigé à l’extrémité est des Halles aux draps en 1619. Ce bâtiment est maintenant l’Hôtel de Ville (Stadhuis) d’Ypres.

Le « Nieuwerck » (littéralement « nouvel ouvrage »), érigé à l’extrémité est des Halles aux draps en 1619. Ce bâtiment est maintenant l’Hôtel de Ville (Stadhuis) d’Ypres.

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Cliquez ici pour regarder un documentaire d’archivesCe bâtiment est le plus célèbre d’Ypres ; sa construction commença en 1200 et son énorme campanile produit dans le clocher un son magique lorsqu’il sonne les heures et les quarts d’heure. La destruction des Halles aux draps commença le 18 novembre 1914 lorsque la Première Bataille d’Ypres faisait rage aux portes de la ville et que les Allemands bombardèrent les bâtiments. À ce moment, un petit groupe de religieuses bénédictines irlandaises venant de leur couvent sur la St-Jacobbstraat non loin de là marchaient vers la Grand-Place en quête d’un ouvrier qui puisse les aider à évacuer leur abbesse de la ville assiégée :

Avec un frisson, nous partîmes mener à bien notre tâche. Nous n’avions pas fait cent mètres lorsque soudain retentit un boum… un autre – puis un autre – et encore un autre. À mi-chemin dans la rue, un officier britannique à cheval s’écria « Mes Sœurs… à la maison! »… nous poursuivîmes notre chemin à toute hâte. Au moment de traverser la Grand-Place, une véritable averse d’obus et de shrapnels s’abattit de tous les côtés. Les explosions se succédaient. Les soldats et les civils s’accroupissaient le long de la maison dès qu’un obus explosait mais nous, ignorant le danger auquel nous étions exposées, continuâmes courageusement notre chemin.

Dame M Columban, OSB, The Irish Nuns at Ypres: An Episode of the Great War (Les Religieuses irlandaises à Ypres : un épisode de la Grande Guerre), Londres, 1915, p. 71

Les Halles aux draps (Lakenhalle) en flammes, Ypres, 22 novembre 1914 [Photo Anthony, Ypres, Stedelijke Musea, Ypres]

Les Halles aux draps (Lakenhalle) en flammes, Ypres, 22 novembre 1914 [Photo Anthony, Ypres, Stedelijke Musea, Ypres]

Les Halles aux draps (Lakenhalle) en flammes, Ypres, 22 novembre 1914 [Photo Anthony, Ypres, Stedelijke Musea, Ypres]

Les Halles aux draps (Lakenhalle) en flammes, Ypres, 22 novembre 1914 [Photo Anthony, Ypres, Stedelijke Musea, Ypres]

En septembre 1917, lorsque le premier photographe de guerre officiel australien, le capitaine Frank Hurley, arriva à Ypres, la ville n’était plus qu’une ruine après trois ans de guerre et de bombardements. Il décrivit les Halles aux draps comme « des vestiges de murs démolis et de détritus » :

La majestueuse tour n’est plus qu’un pitoyable amoncellement de briques, balafré et criblé de cratères d’obus. Ses belles façades sculptées sont ravagées par les éclats d’obus, pas un vestige des sculptures n’étant intact. Les personnages sont décapités et les merveilleuses colonnes et piliers sculptés gisent comme des géants tombés au travers des débris mutilés de toitures et d’autres superstructures. Oh, c’est tellement horrible que les mots me manquent.

Journal de Frank Hurley, 3 septembre 1917, Bibliothèque nationale d’Australie, www.nla.gov.au/apps/cdview?pi=nla.ms–ms883–1–5–s23–v

Un jour de marché avant la Première Guerre mondiale, Ypres [Photo Anthony, Ypres, Stedelijke Musea, Ypres]

Un jour de marché avant la Première Guerre mondiale, Ypres [Photo Anthony, Ypres, Stedelijke Musea, Ypres]

Un jour de marché sur la Grand-Place, Ypres, avant la Première Guerre mondiale [Photo Anthony, Ypres, Stedelijke Musea, Ypres]

Un jour de marché sur la Grand-Place, Ypres, avant la Première Guerre mondiale [Photo Anthony, Ypres, Stedelijke Musea, Ypres]

Halles aux draps (Hôtel de Ville, Ypres)
Halles aux draps (Hôtel de Ville, Ypres)

Halles aux draps (Hôtel de Ville, Ypres)
Halles aux draps (Hôtel de Ville, Ypres)

Halles aux draps (Hôtel de Ville, Ypres)
Halles aux draps (Hôtel de Ville, Ypres)

Halles aux draps (Hôtel de Ville, Ypres)
Halles aux draps (Hôtel de Ville, Ypres)

Halles aux draps (Hôtel de Ville, Ypres)
Halles aux draps (Hôtel de Ville, Ypres)

Halles aux draps (Hôtel de Ville, Ypres)

Pendant la guerre, des centaines de milliers de soldats des troupes britanniques et de l’Empire britannique traversèrent la Grand-Place et longèrent les ruines des Halles aux draps, suivirent la Meensestraat et sortirent par la Porte de Menin vers la ligne de front :

Comme il était étrange de traverser Ypres de nuit. Partout se dressaient les squelettes décharnés de maisons et les impressionnantes ruines des Halles aux draps, autrefois splendides, dominant la place vide, […] les seuls bruits étant les pas des troupes, résonnant le long des rues désertées et le faible murmure de conversations étouffées […] c’est avec un sentiment de profond soulagement qu’on laissait la ville derrière soi.

Walter Belford, « Legs–Eleven », Being the Story of the 11th Battalion (AIF) in the Great War of 1914-1918 (« Legs-Eleven », Histoire du 11e bataillon de l’AIF pendant la Grande Guerre de 1914-18), Perth, 1940, p. 339–340

Maquette des Halles aux draps (Lakenhalle), Ypres, pour les non-voyants [DVA]

Maquette des Halles aux draps (Lakenhalle), Ypres, pour les non-voyants [DVA]

Artilleurs australiens passant devant les ruines des Halles aux draps (Lakenhalle), Ypres, septembre 1917 [AWM E00717]

Artilleurs australiens passant devant les ruines des Halles aux draps (Lakenhalle), Ypres, septembre 1917 [AWM E00717]

Les ruines des Halles aux draps (Lakenhalle) et la Cathédrale St Martin, Ypres, octobre 1917 [AWM E01115]

Les ruines des Halles aux draps (Lakenhalle) et la Cathédrale St Martin, Ypres, octobre 1917 [AWM E01115]

Les Halles aux draps (Lakenhalle) vues de la Rue de Lille (Rijselstraat), Ypres [DVA]

Les Halles aux draps (Lakenhalle) vues de la Rue de Lille (Rijselstraat), Ypres [DVA]

Panneau de rue, Jules Coomansstraat, Ypres [DVA]

Panneau de rue, Jules Coomansstraat, Ypres [DVA]

Après la guerre, les Britanniques, fidèles à leur idée de transformer Ypres en lieu commémoratif, déclarèrent comme « Terre sainte » les ruines des Halles aux draps et leurs alentours, une zone qui comprenait également la Cathédrale St Martin. Ce projet avait l’appui de l’architecte bruxellois Eugène Dhuicque. Le commandant britannique de la ville, responsable de l’administration d’Ypres avant le retour de la gouvernance civile belge, mit en place une sentinelle à côté des ruines et érigea même un panneau déclarant : « Ceci est une Terre sainte. Aucune pierre de cette structure ne doit être emportée. Ceci est un héritage pour tous les peuples civilisés. Par ordre du commandant de la ville ». Ce message impliquait indubitablement que les Allemands avaient distinctement fait preuve d’« incivilité » en rasant un tel trésor d’architecture. Des objections locales à ces projets britanniques conduisirent finalement à leur abandon et les Halles aux draps furent reconstruites sous la supervision du grand reconstructeur d’Ypres, l’architecte Jules Coomans.


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