Belgique 1917: Troisième bataille d’Ypres

Ypres, une promenade autour d’Ypres

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Ramparts Cemetery, Porte de Lille (Rijselpoort)

La chaussée enjambant le canal en direction de la Porte de Lille (Rijselpoort), Ypres [DVA]

La chaussée enjambant le canal en direction de la Porte de Lille (Rijselpoort), Ypres [DVA]

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Au bout de la Rijselstraat, la route quitte la ville par la Porte de Lille (Rijselpoort) et suit la chaussée qui enjambe le canal. Des deux côtés se trouvent les remparts d’Ypres, construits par-dessus les murs médiévaux existants par l’illustre ingénieur militaire du Roi Louis XIV, Sébastien Le Prestre, Marquis de Vauban. Il est à l’origine de la fortification de plus de 300 villes, dont Ypres, que ce soit en France, dans les pays avoisinants ou à l’étranger, entre 1667 et 1707. Ici, les passionnés de fortifications peuvent trouver des éléments d’architecture comme le bastion, la tenaille, la casemate et la courtine.

Vue par-delà le canal sur le Ramparts Cemetery d’Ypres et la Porte de Lille (Rijselpoort), Ypres [DVA]

Vue par-delà le canal sur le Ramparts Cemetery d’Ypres et la Porte de Lille (Rijselpoort), Ypres [DVA]

Pendant la Première Guerre mondiale, des abris furent creusés dans les remparts pour héberger de nombreux soldats au repos et d’autres unités d’arrière-garde. Entre août et novembre 1917, pendant la Troisième Bataille d’Ypres, il n’était pas rare que les divisions australiennes établissent temporairement leur quartier général dans les ruines lorsque leur infanterie, leur artillerie et leurs autres unités de support étaient sur la ligne de front. Le photographe officiel australien, le capitaine Frank Hurley, décrivit comment il parvint « à prendre plusieurs photos de nos forces campées dans de petits abris excavés dans les remparts environnants ». En effet, à Ypres, tous les quartiers d’habitation en temps de guerre avaient tendance à se trouver sous terre afin d’échapper aux constants bombardements des Allemands ; les remparts, avec leurs murs épais, représentaient un endroit parfait pour y creuser un abri. La publicité suivante fut publiée avec humour dans le journal des soldats, le Wipers Times, le 12 février 1916 :

Nouvelle
Équipe de
Direction

Hôtel
des Remparts

La direction
n’a pas lésiné
sur les moyens
pour redécorer et
et rééquiper
cet hôtel de première classe

Particulièrement recommandé
aux hommes d’affaires.

Vue automnale par-dessus le canal vers le Ramparts Cemetery d’Ypres et la Porte de Lille (Rijselpoort), Ypres [DVA]

Vue automnale par-dessus le canal vers le Ramparts Cemetery d’Ypres et la Porte de Lille (Rijselpoort), Ypres [DVA]

Ramparts Cemetery (Porte de Lille), Ypres [DVA]

Ramparts Cemetery (Porte de Lille), Ypres [DVA]

À partir de la rue de Lille (Rijselstraat), à droite de la Porte de Lille (Rijselpoort), un petit chemin longe les remparts. Un peu plus loin se trouve l’un des cimetières militaires les mieux situés de toute la région : le Ramparts Cemetery (c’est-à-dire le « cimetière des remparts »), où l’herbe s’avance jusqu’au bord de l’eau. Ici reposent 198 soldats de la « Grande Guerre », enterrés à des dates qui s’étendent sur toute la durée des combats dans le Saillant d’Ypres.

Pierre tombale du Lieutenant Walter Welch, Royal Field Artillery, Ramparts Cemetery (Porte de Lille), Ypres [DVA]

Pierre tombale du Lieutenant Walter Welch, Royal Field Artillery, Ramparts Cemetery (Porte de Lille), Ypres [DVA]

Tout près de l’eau, dans la rangée I, tombe 4, repose le lieutenant Walter Welch, de la Royal Field Artillery, mort le 30 octobre 1914 alors que les Allemands s’efforçaient de percer les lignes britanniques à l’est pendant la Première Bataille d’Ypres. Le caporal Samuel Walker, des Royal Engineers, mourut le jour où les Anzacs débarquèrent à Gallipoli, le 25 avril 1915, c’est-à-dire trois jours après le début de la « Deuxième Bataille d’Ypres » pendant laquelle les Allemands utilisèrent pour la première fois un gaz mortel sur le front occidental contre les forces françaises tenant la section nord-est du Saillant. C’est sans surprise qu’on constate que bien des tombes mentionnent des dates comprises entre août et novembre 1917, les mois de la grande offensive britannique appelée la Troisième Bataille d’Ypres, et plus souvent connue sous le nom de « bataille de Passchendaele ». On trouve ici aussi des hommes morts en 1918, tels que le soldat du génie Oliver Smith, des Royal Engineers, dans la rangée J, tombe 28, alors que les Allemands préparaient en avril 1918 leur dernière grande offensive dans cette zone.

Ramparts Cemetery (Porte de Lille), Ypres
Ramparts Cemetery (Porte de Lille), Ypres

Ramparts Cemetery (Porte de Lille), Ypres
Ramparts Cemetery (Porte de Lille), Ypres

Ramparts Cemetery (Porte de Lille), Ypres
Ramparts Cemetery (Porte de Lille), Ypres

Ramparts Cemetery (Porte de Lille), Ypres

Ramparts Cemetery (Porte de Lille), Ypres

Autumn, Ramparts Cemetery (Porte de Lille), Ypres
.

Automne, Ramparts Cemetery (Porte de Lille), Ypres . [DVA]

Ce cimetière reflète également le caractère impérial de ce que l’on appelle la Force expéditionnaire britannique en France et en Belgique entre 1914 et 1918. Outre des soldats anglais, irlandais, écossais et gallois, on trouve ici des Canadiens, des Néo-zélandais et des Australiens. En décembre 1917, le bataillon (pionner) maori de Nouvelle-Zélande combattit à Ypres, et dix de ses soldats reposent dans le Ramparts Cemetery. L’un d’eux est le caporal de première classe Edward Angel dans la rangée J, tombe 2, qui, comme ses parents l’indiquèrent à Commission impériale des sépultures militaires britanniques, laquelle le consigna dans le registre du cimetière, « avait également servi à Gallipoli ». À la fin de la Première Guerre mondiale, Sir Apirana Ngata, un homme politique maori qui s’était beaucoup impliqué dans le rassemblement du bataillon maori, composa une chanson pour souhaiter la bienvenue au bataillon et en souvenir de ceux qui ne rentrèrent jamais chez eux :

Pierre tombale du caporal de première classe Edward Angel, Bataillon pionnier (maori) de Nouvelle-Zélande, Ramparts Cemetery (Porte de Lille), Ypres. Le registre du cimetière révèle qu’Angel avait également servi à Gallipoli. [DVA]

Pierre tombale du caporal de première classe Edward Angel, Bataillon pionnier (maori) de Nouvelle-Zélande, Ramparts Cemetery (Porte de Lille), Ypres. Le registre du cimetière révèle qu’Angel avait également servi à Gallipoli. [DVA]

Ngä mate tini!
Ngä mate tini, kei Paranihi,
Haria mai rä.
Kia tangihia ki te marae!
Te Hui aroha mou e te Wiwi
Ngau nei te aroha me te mamae.

Tous ceux qui sont morts,
Tous ceux qui sont morts en France,
Amenez-les à nous (en esprit),
Pleurons-les sur ce marae !
Pour ce rassemblement d’amour pour vous
(Qui vous êtes battus avec) les Français,
L’amour et la douleur touchent profondément.

On trouve 11 tombes australiennes au Ramparts Cemetery, érigées pour des hommes ayant eu des rôles de soutien dans la récupération, les quartiers généraux, les ambulances de campagne, l’ingénierie et les transports. Le caporal de première classe William Mawson, dans la rangée B, tombe 11, fut nommé caporal de première classe le 9 novembre 1917, le jour de sa mort. Il fut tué alors qu’il mettait en place du fil barbelé vers la crête de Westhoek, cinq kilomètres à l’est. Enterrés à côté les uns des autres dans la rangée C, tombes 5 à 7, reposent les soldats de deuxième classe Frederick Grainger, Robert Charles et Percy Haffenden du Corps de récupération australien (Australian Salvage Corps). La tâche des agents de récupération était de fouiller le champ de bataille à la recherche de matériaux réutilisables ; ces trois soldats faisaient leur travail près de Hell Fire Corner sur la route de Menin le 16 septembre 1917 quand ils furent tués. Le soldat de deuxième classe Constantine Aroney raconta la mort de Charles à la Croix rouge australienne :

Il a été atteint par un obus à 11 h du matin pendant qu’il cherchait des matériaux de récupération, il a été gravement touché… il a une femme et une fille qui habitent près de Melbourne. J’ai vu sa tombe près de la Porte de Lille à Ypres, j’ai aussi aidé à l’enterrer et j’ai marqué sa tombe d’une croix qui mentionne ses renseignements personnels. Un pasteur de l’Église d’Angleterre […] était chargé de la cérémonie d’enterrement.

Dossier du Bureau de recherche des personnes blessées et disparues de la Croix rouge australienne, soldat de deuxième classe Robert Charles,
http://www.awm.gov.au/cms_images/1DRL428/00007/1DRL428–00007–0720603.pdf

Un autre témoin décrivit Charles comme un « homme plutôt âgé », mesurant 1,70 mètre, au teint pâle, costaud et au visage rouge.

Pierre tombale du caporal de première classe Stanley Ironmonger, Quartiers généraux divisionnaires, Ramparts Cemetery (Porte de Lille), Ypres [DVA]

Pierre tombale du caporal de première classe Stanley Ironmonger, Quartiers généraux divisionnaires, Ramparts Cemetery (Porte de Lille), Ypres [DVA]

Canal et remparts d’Ypres, en automne [DVA]

Canal et remparts d’Ypres, en automne [DVA]

Aujourd’hui, les remparts d’Ypres sont un lieu de promenade, de jogging, ou simplement un lieu de détente. La pêche est une activité prisée sur l’autre rive du canal. Le canal est également célèbre pour ses cygnes blancs qui, en 1917, nageaient autour des remparts vers ce qui est maintenant le monument de guerre le plus célèbre d’Ypres, la Porte de Menin :

Les cygnes de la Porte de Lille voguaient sur le canal ce matin. Le mâle, d’une beauté majestueuse, semble avoir été blessé, on dirait qu’une partie de son aile gauche a été brisée et mal réajustée. Ces oiseaux sont devenus légendaires. Leur apparition à la Porte de Menin est signe que la journée sera paisible, mais s’ils disparaissent on ne sait où, cela présage des bombardements.

Capitaine J. C. Dunn, The War the Infantry Knew 1914-1919 (La Guerre que l’infanterie connaissait, 1914-1919), édition d’origine, 1938, Abacus, 1998, p. 412

Soldats australiens dans des abris le long des remparts, Ypres, octobre 1917 [AWM E01139]

Soldats australiens dans des abris le long des remparts, Ypres, octobre 1917 [AWM E01139]

Lorsque vous avez terminé votre promenade au cœur d’Ypres, pensez à visiter la présentation In Flanders Fields dans les Halles aux draps (Lakenhalle). Cette excellente exposition emmène le visiteur au cœur de l’histoire des batailles autour d’Ypres entre 1914 et 1918 en adoptant une perspective non seulement locale, mais aussi internationale. Le site Web du musée est http://www.inflandersfields.be/


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