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Belgique 1917: Troisième bataille d’Ypres
Ypres, une promenade autour d’Ypres
St George’s Church, Elverdingsestraat
Télécharger une carte au format PDF de la promenade au cœur d’Ypres
Vers la fin de l’année 1918 commença l’énorme tâche de déblayage du champ de bataille d’Ypres et de construction des cimetières et monuments commémoratifs britanniques. Au début, des unités chargées des sépultures militaires regroupèrent en grande partie les enterrements épars sur le champ de bataille vers de grands cimetières consolidés tels que Hooge Crater et Tyne Cot, mais finalement cette tâche fut prise en charge par la Commission impériale des sépultures militaires britanniques. Vers le milieu des années 1920, les employés de la Commission (jardiniers, maçons et administrateurs), britanniques de naissance, constituaient à Ypres une communauté de taille modeste mais bien distincte. Ce petit groupe d’expatriés britanniques se concentra dans un secteur à l’angle d’Elverdingsestraat et de Vandenpeerboomplein.
Le bâtiment principal est l’église anglicane St George’s Church, avec sa croix typique évoquant la Croix du sacrifice dans les cimetières britanniques. L’idée de construire une église prit forme au début des années 1920, non seulement en tant que monument à la mémoire des morts britanniques, mais aussi comme lieu de rassemblement pour les proches endeuillés venant se recueillir dans les cimetières. Une organisation appelée Ypres League (la Ligue d’Ypres), créée en Grande-Bretagne pour perpétuer la mémoire du Saillant d’Ypres, avec son propre journal, The Ypres Times, demanda la construction de l’église. La pierre commémorative fut posée par le Maréchal Lord Plumer de Messines le 24 juillet 1927, le même jour où il inaugura la Porte de Menin. Le 24 mars 1929, l’évêque anglican de Fulham inaugura et consacra officiellement St George’s Church.
Les cartes postales représentant les ruines de villes françaises et belges bombardées par les Allemands étaient caractéristiques de la guerre de 1914-18. Cette carte postale représente les ruines du couvent des religieuses bénédictines irlandaises d’Ypres. [Stedelijke Musea, Ypres]
Outre l’église, on érigea également une école, une maison de chapelain et le Hall des Pèlerins sur ce site. L’école était financée par les anciens de l’une des écoles privées les plus prestigieuses de Grande-Bretagne, Eton College, en honneur aux plus de 360 anciens d’Eton ayant péri pendant la guerre. À son apogée, l’école comptait environ 130 étudiants, presque tous descendants des employés de la Commission impériale des sépultures militaires britanniques. Faisant appel à des enseignants venant de Grande-Bretagne, son but était d’empêcher les enfants de s’assimiler aux enfants du pays en suivant un cursus britannique et même en portant des uniformes scolaires de type britannique. L’importance accordée à la « britannicité » allait jusqu’à observer le jour de l’Empire et saluer le drapeau ainsi que danser autour d’un mât enrubanné le 1er mai et organiser des pièces de la nativité à Noël. Avec l’arrivée de la Seconde Guerre Mondiale et l’occupation allemande, la communauté britannique s’enfuit et l’école ne fut pas rouverte après la guerre.
Cependant, le rôle principal de St George’s Church était et demeure la commémoration et la pratique religieuse continue sous l’égide d’un vicaire anglican à Ypres. Une cérémonie annuelle y est notamment organisée à l’occasion d’Anzac Day et les ambassadeurs australien et néo-zélandais en Belgique y assistent. L’intérieur de l’église est richement décoré de vitraux commémoratifs dédiés aux unités britanniques ayant combattu dans le Saillant, ainsi que de dizaines de plaques personnelles et d’objets commémoratifs dédiés aux combattants et aux femmes qui ont perdu la vie en France et en Belgique pendant la Première Guerre mondiale.
À la mémoire du maréchal Sir John French, St George’s Church, Ypres. French était le commandant en chef de la force expéditionnaire britannique lorsqu’elle défendit Ypres contre les attaques allemandes en octobre et novembre 1914 à l’occasion de la Première Bataille d’Ypres. [DVA]
L’un des hommages personnels les plus touchants à la mémoire d’un être cher à St George’s Church est ce qu’on appelle le livre de « Doox », exposé dans une armoire vitrée à l’arrière de l’église. « Doox » était le surnom du Sous-lieutenant Charles Dean Prangley, du régiment du Lincolnshire, fils du révérend Charles Prangley du presbytère de Bexwell, à King’s Lynn, dans le Norfolk. Le Sous-lieutenant Prangley fut tué le 25 septembre 1916 lors de la bataille de Flers–Courcelette en France et fut enterré à proximité dans le Guards’ Cemetery à Lesboeufs. Le livre de « Doox » est un manuscrit enluminé de l’Office de la Sainte Communion de l’Église d’Angleterre, produit pour le père endeuillé à la mémoire de son fils de 19 ans par le calligraphe et artiste George Smith. Le nom « Doox » apparaît sur chaque page, la couverture du livre est fabriquée à partir de l’écorce d’un arbre du presbytère et la croix en or sur la couverture vient de l’anneau nuptial de la mère de Doox. Elle serait morte en couches.
Le sens de la détresse familiale et individuelle à St George’s Church est très fort et rappelle un célèbre poème de A. E. Housman, The Shropshire Lad, bien connu de la génération de la Grande Guerre :
On the idle hill of summer, (Sur la tranquille colline de l’été)
Sleepy with the flower of streams, (Sommeillant avec la fleur des courants)
Far I hear the steady drummer (Au loin j’entends le joueur de tambour)
Drumming like a noise in dreams. (Qui tambourine comme un bruit que l’on entend en rêve)
Far and near and low and louder (Loin et proche et faible et plus fort)
On the roads of earth go by, (Sur les routes de terre ils passent)
Dear to friends and food for powder, (Chers aux amis et nourriture pour la poudre)
Soldiers marching, all to die. (Des soldats qui marchent, tous destinés à mourir)
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![St George’s Church, Ypres [DVA]](/ieper/images/walk-19-tn.jpg)
![Pierre commémorative, St George’s Church, Ypres [DVA]](/ieper/images/walk-20-tn.jpg)
![Agenouilloirs, St George’s Church, Ypres [DVA]](/ieper/images/walk-21-tn.jpg)
![Les cartes postales représentant les ruines de villes françaises et belges bombardées par les Allemands étaient caractéristiques de la guerre de 1914-18. Cette carte postale représente les ruines du couvent des religieuses bénédictines irlandaises d’Ypres. [Stedelijke Musea, Ypres]](/ieper/images/ypres-3-tn.jpg)
![Vue sur l’autel, St George’s Church, Ypres [DVA]](/ieper/images/walk-22-tn.jpg)
![À la mémoire du maréchal Sir John French, St George’s Church, Ypres. French était le commandant en chef de la force expéditionnaire britannique lorsqu’elle défendit Ypres contre les attaques allemandes en octobre et novembre 1914 à l’occasion de la Première Bataille d’Ypres. [DVA]](/ieper/images/walk-23-tn.jpg)
![Vitrail commémoratif à la mémoire du South 4 Irish Horse, St George’s Church, Ypres [DVA]](/ieper/images/walk-24-tn.jpg)