Ypres, une promenade au cœur d’Ypres
La Cathédrale St Martin, Vandenpeerboomplein
Fragment de maçonnerie de l’ancienne Cathédrale St Martin, avant sa destruction pendant la Première Guerre mondiale, dans le musée lapidaire à côté de la cathédrale actuelle [DVA]
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Ce qu’il reste des ruines de la Cathédrale St Martin, bombardée pendant la Première Guerre mondiale, est visible à côté de la cathédrale reconstruite, non loin de Vandenpeerboomplein, dans ce que l’on appelle le musée lapidaire, le lieu des pierres. Ici, de grands fragments de maçonnerie, certains avec leurs ornements d’origine, sont exposés pour rappeler de manière matérielle la destruction de ce que Vernon de Deyne, historien d’Ypres, décrivit juste après 1918 comme « l’un des monuments religieux les plus importants de son époque ». La construction de la Cathédrale St Martin commença en 1254 et fut achevée deux siècles plus tard. Pendant la guerre, le capitaine James Dunn des Royal Welch Fusiliers (Fusiliers royaux gallois) observa des gens du pays essayant de se faire un peu d’argent grâce aux ruines :
Il était inutile de longuement fouiller les morceaux de maçonnerie tombés de la cathédrale à la recherche d’un enroulement ou d’un ornement semblable… Une troupe de soldats belges, envoyés récupérer une cloche, armés de marteaux et de burins, proposait des fragments en échange d’argent. Je ne vis aucun acheteur.
Capitaine J. C. Dunn, The War the Infantry Knew 1914-1919 (La Guerre que l’infanterie connaissait, 1914-1919), édition d’origine de 1938, Abacus, 1998, p. 411
La destruction de la Cathédrale St Martin reçut beaucoup d’attention dans les journaux australiens et fut utilisée à des fins de propagande. Dans le Sydney Mail du 5 mai 1915, une grande photo de la cathédrale en ruines portait la légende suivante :
Voilà tout ce qu’il reste de la nef de la cathédrale – les seuls vestiges de la magnifique nef de la Cathédrale d’Ypres sont des murs dépouillés. Les ruines restent un témoignage scandaleux de la politique mesquine de peur et de vengeance pratiquée par l’Allemagne.
Sydney Mail, 5 mai 1915, p. 17
L’intérieur de la cathédrale abrite de nombreux échos de la guerre, anciens et modernes. Les photographies à l’arrière de l’autel représentent la cathédrale en ruines et sa reconstruction. Et les tombeaux le long du chœur sont des originaux préservés des bombardements. Une chapelle auxiliaire est dédiée à la patronne d’Ypres, Notre-Dame de Thuyne, une « thuyne » étant une sorte de fort à palissades. Des panneaux d’autel en bois, richement gravés, illustrent des scènes de 1383, lorsque l’évêque anglais Spencer de Norwich prit la tête d’une armée pour assiéger Ypres afin de réduire à néant le prospère commerce de tissu de la ville, qui faisait tant concurrence aux tissus anglais d’East Anglia. Notre-Dame est au centre du panneau, avec l’enfant Jésus, protégée par une « thuyne », tandis que les autres scènes représentent le siège. On dit que les ferventes prières adressées à Notre-Dame protégèrent la ville contre les violentes attaques des Anglais et de troupes flamandes :
On croyait à Ypres que la ville avait été préservée grâce à l’intervention de la Vierge Marie, sa sainte-patronne. Dans la Cathédrale St Martin, les citoyens érigèrent une représentation de Notre-Dame de Thuyne, c’est-à-dire Notre-Dame des Enceintes, une allusion à la puissante barrière d’épines qui avait maintenu l’ennemi à distance. Une kermesse, organisée chaque année le premier dimanche d’août pour commémorer le siège, fut baptisée « Thuindag », c’est-à-dire le Jour des Enceintes.
George W. T. Omond, Bruges and West Flanders (Bruges et les Flandres occidentales), 1906
http://www.gutenberg.org/files/18670/18670.txt
Panneaux d’autel dans la chapelle auxiliaire dédiée à Notre-Dame de Thuyne, Cathédrale St Martin, Ypres [DVA]
Notre-Dame de Thuyne, panneaux d’autel dans la chapelle auxiliaire dédiée à Notre-Dame de Thuyne, Cathédrale St Martin, Ypres [DVA]
Détail des panneaux d’autel dans la chapelle auxiliaire dédiée à Notre-Dame de Thuyne, Cathédrale St Martin, à Ypres, représentant le siège d’Ypres par les Anglais en 1383 [DVA]
Détail des panneaux d’autel dans la chapelle auxiliaire dédiée à Notre-Dame de Thuyne, Cathédrale St Martin, à Ypres, représentant la procession portant la représentation de Notre-Dame autour des murs de la ville. La procession était destinée à remercier Notre-Dame d’avoir répondu aux prières des habitants d’Ypres demandant la levée du siège par les Anglais en 1383. [DVA]
Sur un mur, sous l’orgue, dans le transept nord, se trouve un mémorial dédié au quelque million de soldats britanniques et de l’Empire britannique qui ont perdu la vie pendant la Première Guerre mondiale. Il s’agit de l’une des plaques commémoratives de cathédrale de la Commission du Commonwealth des sépultures militaires, érigées dans les cathédrales de villes en France et en Belgique, où des troupes britanniques ont été stationnées pendant la Première Guerre mondiale. Il en existe cinq en Belgique : à Bruxelles, à Malines, à Mons, à Anvers et à Ypres. Elles ont été placées dans ces lieux publics pour rappeler aux habitants la contribution et le sacrifice de l’Empire britannique pour la victoire sur l’Allemagne. L’inscription à la Cathédrale St Martin est curieuse en ceci qu’elle est rédigée en anglais et en latin. En France, ces plaques commémoratives sont en anglais et en français, la langue française ayant été choisie, suppose-t-on, car elle est la langue locale. Mais parce que la Belgique est officiellement un pays trilingue (néerlandais, français et allemand), il était peut-être trop compliqué de considérer avoir trois traductions !
Plaque commémorative de la Commission du Commonwealth des sépultures militaires dans la Cathédrale St Martin, Ypres [DVA]
Les « derniers fugitifs à Ypres » traversant la Grand-Place (Grote Markt) le 28 avril 1915 [Photo Anthony, Ypres, Stedelijke Musea, Ypres]
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![Cathédrale St Martin, Ypres [DVA]](/ieper/images/walk-25-tn.jpg)
![Portique du cloître de la Cathédrale St Martin, Ypres, septembre 1917 [AWM E03034]](/ieper/images/awm-e03034-tn.jpg)
![Fragment de maçonnerie de l’ancienne Cathédrale St Martin, avant sa destruction pendant la Première Guerre mondiale, dans le musée lapidaire à côté de la cathédrale actuelle [DVA]](/ieper/images/walk-26-tn.jpg)





![Intérieur de la nef, Cathédrale St Martin, Ypres [DVA]](/ieper/images/walk-33-tn.jpg)
![Chapelle auxiliaire dédiée à Notre-Dame de Thuyne, Cathédrale St Martin, Ypres [DVA]](/ieper/images/walk-34-tn.jpg)
![Panneaux d’autel dans la chapelle auxiliaire dédiée à Notre-Dame de Thuyne, Cathédrale St Martin, Ypres [DVA]](/ieper/images/walk-35-tn.jpg)
![Notre-Dame de Thuyne, panneaux d’autel dans la chapelle auxiliaire dédiée à Notre-Dame de Thuyne, Cathédrale St Martin, Ypres [DVA]](/ieper/images/walk-36-tn.jpg)
![Détail des panneaux d’autel dans la chapelle auxiliaire dédiée à Notre-Dame de Thuyne, Cathédrale St Martin, à Ypres, représentant le siège d’Ypres par les Anglais en 1383 [DVA]](/ieper/images/walk-37-tn.jpg)
![Détail des panneaux d’autel dans la chapelle auxiliaire dédiée à Notre-Dame de Thuyne, Cathédrale St Martin, à Ypres, représentant la procession portant la représentation de Notre-Dame autour des murs de la ville. La procession était destinée à remercier Notre-Dame d’avoir répondu aux prières des habitants d’Ypres demandant la levée du siège par les Anglais en 1383. [DVA]](/ieper/images/walk-38-tn.jpg)
![Plaque commémorative de la Commission du Commonwealth des sépultures militaires dans la Cathédrale St Martin, Ypres [DVA]](/ieper/images/walk-39-tn.jpg)
![Les « derniers fugitifs à Ypres » traversant la Grand-Place (Grote Markt) le 28 avril 1915 [Photo Anthony, Ypres, Stedelijke Musea, Ypres]](/ieper/images/ypres-2-tn.jpg)