Le Hamel, Mémorial du Corps d’armée australien
Chars d’assaut, pigeons et balles dans l’air
En voyant se dérouler la bataille de Le Hamel, un observateur aurait assisté à certains aspects innovants et intéressants d’un champ de bataille de la Première Guerre mondiale : par exemple, le nombre de chars d’assaut soutenant l’avancée de l’infanterie, l’aidant à dépasser les postes de mitrailleuses et les contreforts ennemis. Cette coopération avec les chars d’assaut permit entre autres de terrasser les positions ennemies dans le village de Le Hamel et ses environs. Comme les hommes du 43e Bataillon (Australie-Méridionale) avançaient en direction d’un petit bois solidement défendu au nord du village, ils essuyèrent de lourds tirs de mitrailleuses, et lorsqu’ils essayèrent d’y répondre, une autre mitrailleuse ouvrit le feu depuis le village. Un sergent de section australien, ayant repéré un char d’assaut désœuvré, alla tirer la cloche à l’arrière de la machine. Une porte s’ouvrit et l’Australien montra à l’équipage du char la position de la mitrailleuse en action dans le village. Le char d’assaut accepta de prêter son aide, « y alla directement et l’annihila », bien que Charles Bean présuma ultérieurement que les mitrailleurs ennemis s’étaient selon toute évidence enfuis bien avant l’arrivée du char d’assaut. Les mitrailleurs allemands, cependant, faisaient partie de l’élite dans l’armée allemande et le commandant de char d’assaut britannique à Le Hamel affirma que ceux-ci « firent preuve d’un courage et d’une ténacité extraordinaires ».
Australien à côté de l’un des trois chars d’assaut britanniques mis hors d’usage le 4 juillet 1918 lors de la bataille de Le Hamel. [AWM E03843]
Pour la première fois sur le champ de bataille, les chars d’assaut furent également utilisés pour amener l’approvisionnement rapidement derrière l’avancée de l’infanterie. Normalement, celui-ci aurait été porté par des bataillons de soutien. Certaines unités utilisaient ce système à Le Hamel. Le colonel du 13e Bataillon cependant, en atteignant l’emplacement choisi pour le dépôt avancé de l’unité, découvrit qu’il était déjà couvert de subsistances. « Qu’est-ce que tout cela ? » s’exclama-t-il. Un soldat jaillit de derrière un pilier et répondit « Cela vient de notre char, Colonel ». Leur char, en plusieurs voyages, avait livré 134 bobines de fils barbelés, 180 longs piquets à barbelés et 270 courts, 45 plaques de tôle, 50 bidons d’eau, 150 obus de mortiers de tranchées, 10 000 cartouches de munitions et 20 boîtes de grenades. Charles Bean en conclut que « jamais l’approvisionnement n’avait atteint le front avec une telle rapidité » et un commandant de bataillon eut l’impression que « cet accomplissement portait sûrement la leçon la plus mémorable de la bataille ».
Avion britannique plongeant vers le sol durant l’attaque australienne à Le Hamel le 4 juillet 1918. [AWM E03912]
Une autre méthode, encore plus innovante, d’approvisionnement sur le front se faisait par avion. Douze avions de la 9e Escadrille de la RAF transportant des munitions apparurent au-dessus du champ de bataille à environ 6 heures et demie du matin, tandis qu’un groupe d’autres avions britanniques attaquait les positions ennemies au sol à l’arrière des lignes allemandes. Les transporteurs de munitions lâchèrent leurs charges de deux boîtes de 1 200 cartouches par parachute à une altitude de 800 mètres environ. En tout, 93 boîtes furent livrées à l’infanterie de cette manière et de nombreuses unités firent part de leur satisfaction vis-à-vis de cette méthode. Un pilote et son observateur furent tués lors de ces opérations, lorsqu’un parachute s’emmêla dans l’aile de l’avion. Le pilote sortit de l’appareil et réussit à dégager le parachute, mais à 30 mètres du sol, un autre problème survint et l’avion s’écrasa.
Les avions étaient également employés pour repérer les progrès de l’avancée. L’avion de communication de la 3e Escadrille de l’AFC (armée de l’air australienne) survola l’infanterie et lui donna un signal sonore pour qu’elle allume des fusées éclairantes masquées destinées à marquer ses positions. Des observateurs australiens dans les avions notèrent alors ces positions sur des cartes, qu’ils lancèrent dix minutes plus tard à l’état-major de la 4e Division australienne.
Avion R.E.8 de la 3e Escadrille de l’armée de l’air australienne, France, novembre 1917. [AWM E01359]
Pigeon voyageur portant des informations, relâché d’un char d’assaut britannique, France, 1918. [AWM H09572]
Une autre méthode, moins efficace, consistait à envoyer des messages par fusées. Certaines d’entre elles étaient récupérées avec leur message carbonisé, d’autres atterrissaient trop loin de leur destination dans des champs cultivés, et beaucoup passaient inaperçues à cause de la faible visibilité créée par les écrans de fumée. Des postes radios étaient également utilisés, ainsi que la méthode éprouvée des pigeons voyageurs. De nombreux chars d’assaut transportaient un pigeon et renvoyaient des messages par ce biais. Deux heures et demie après le début de l’attaque, la compagnie des transmissions avait installé des lignes de téléphone vers le front, et passa le reste de la journée à réparer les coupures faites par les obus ennemis.
Pigeonnier de la compagnie de transmissions australienne, état-major du Corps d’armée australien, Bertangles, juillet 1918. Ces pigeons étaient utilisés pour délivrer des messages vers le front et vice-versa. [AWM E02672]
Armement allemand saisi lors d’opérations de l’AIF à Ville-sur-Ancre et Le Hamel, exposé durant un discours du lieutenant général Sir John Monash, le 13 juillet 1918. [AWM E02732]
Le Hamel était la première bataille du Corps d’armée australien dans laquelle un général australien, le lieutenant général Sir John Monash, était aux commandes. Ingénieur de formation, Monash faisait partie de ceux qui dans le Corps expéditionnaire britannique de 1918 accueillaient à bras ouverts les innovations technologiques et comprenaient que celles-ci pouvaient avoir des avantages réels dans la restauration de la mobilité sur le champ de bataille, mobilité qui avait été perdue après presque quatre ans de guerre défensive des tranchées. Monash et son état-major planifièrent méticuleusement tous les aspects de l’offensive de Le Hamel et firent tous les efforts possibles pour s’assurer que toutes les sections du Corps d’armée – chars d’assaut, infanterie, artillerie, avions, transmissions, etc. – agissaient à l’unisson. Bien que Le Hamel fût une bataille relativement mineure par rapport à d’autres sur le front occidental, les leçons tirées de celle-ci, en particulier l’efficacité d’une planification précise, d’objectifs clairement définis, et d’une coordination efficace des différentes sections, furent circulées dans un rapport envoyé à tous les commandants des forces de l’Empire britannique. Différents aspects du plan de Le Hamel avaient été utilisés auparavant, mais Monash fut le premier à les réunir de telle façon.
Remarque : Le Mémorial du Corps d’armée australien est en cours de rénovation, il n’y a donc pas d’image du mémorial actuel sur ce site web. Veuillez trouver ci-dessous un dessin du nouveau mémorial à venir.
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![Char d’assaut britannique à Le Hamel, 5 juillet 1918. [AWM E02864]](/le-hamel/images/awm-e02864-tn.jpg)
![Australien à côté de l’un des trois chars d’assaut britanniques mis hors d’usage le 4 juillet 1918 lors de la bataille de Le Hamel. [AWM E03843]](/le-hamel/images/awm-e03843-tn.jpg)
![Avion britannique plongeant vers le sol durant l’attaque australienne à Le Hamel le 4 juillet 1918. [AWM E03912]](/le-hamel/images/awm-e03912-tn.jpg)
![Avion R.E.8 de la 3e Escadrille de l’armée de l’air australienne, France, novembre 1917. [AWM E01359]](/le-hamel/images/awm-e01359-tn.jpg)
![Pigeon voyageur portant des informations, relâché d’un char d’assaut britannique, France, 1918. [AWM H09572]](/le-hamel/images/awm-h09572-tn.jpg)
![Pigeonnier de la compagnie de transmissions australienne, état-major du Corps d’armée australien, Bertangles, juillet 1918. Ces pigeons étaient utilisés pour délivrer des messages vers le front et vice-versa. [AWM E02672]](/le-hamel/images/awm-e02672-tn.jpg)
![Brancardiers australiens endormis, Le Hamel, 4 juillet 1918. [AWM E02701]](/le-hamel/images/awm-e02701-tn.jpg)
![Armement allemand saisi lors d’opérations de l’AIF à Ville-sur-Ancre et Le Hamel, exposé durant un discours du lieutenant général Sir John Monash, le 13 juillet 1918. [AWM E02732]](/le-hamel/images/awm-e02732-tn.jpg)
![Dessin, nouveau Mémorial du Corps d’armée australien, Le Hamel. [DVA]](/le-hamel/images/le-hamel-5-tn.jpg)