Ceci est la version française de cette page
Aller à la version anglaise
Aller à la version néerlandaise
Belgique 1917: Troisième bataille d’Ypres
Ypres, la Porte de Menin
Les lamentations perçantes des remparts
- Indications

- Ypres, dans la province de Flandre-Occidentale Pour en savoir plus
C’est à partir de la route qui mène à Ypres (la N8, la route de Menin) qu’on a la meilleure vue sur la Porte de Menin ; elle passe sous le mémorial, puis continue le long de la Meensestraat jusqu’à la Grand-Place (Grote Markt). Le matin du 24 juillet 1927, faisant face à la Porte, des milliers de gens attendaient ; couvrant l’inscription gravée sous la statue du lion au sommet du monument se trouvaient les drapeaux britannique, français et belge. Sur une estrade en bois, faisant face à la foule, se tenait le maréchal Lord Plumer de Messines, surnommé le « général des soldats », l’un des commandants britanniques les plus connus de l’Offensive britannique des Flandres à l’est d’Ypres en 1917. À cette époque, les Australiens avaient combattu sous la direction générale de Plumer à l’occasion de la bataille de Messines, de celle de la route de Menin, du Bois du Polygone, de Broodseinde, de Poelcappelle et de Passchendaele. En ce jour de juillet 1927, Plumer avait été choisi pour inaugurer la Porte de Menin, le premier des nombreux monuments commémoratifs dédiés par l’Empire britannique aux « disparus » le long du front occidental entre 1927 et 1938.
Plumer était certainement conscient que, l’écoutant rassemblés autour de la Porte ou via la retransmission radio en direct de la cérémonie en Grande-Bretagne et dans le monde entier, se trouvaient des centaines de milliers d’hommes et de femmes ayant perdu des êtres chers dans le Saillant d’Ypres pendant la « Grande Guerre ». Plus qu’aucun autre, il devait avoir conscience que, sur les 204 000 soldats britanniques et de l’Empire britannique qui périrent en Belgique entre 1914 et 1918, plus de 102 000 (c’est-à-dire 50 %) n’avaient « pas de tombe connue ». Pour ces « disparus », il n’y avait pas de pierre tombale dans un cimetière ni de tombe où déposer des fleurs ou sur laquelle inscrire une épitaphe familiale. Sensible à tout cela, Plumer mit l’accent sur la tristesse des familles des « disparus » et l’absence, jusqu’à présent, d’un lieu où la présence des morts puisse être sentie :
Il a été décidé qu’ici à Ypres, où l’on sait que bon nombre des « disparus » sont tombés au combat, allait être érigé un mémorial digne d’eux, qui exprime la gratitude de la nation pour leur sacrifice et sa compassion envers ceux qui les pleurent. Un mémorial a été érigé qui, dans sa simple grandeur, comble ces attentes, et maintenant on peut dire de chacun des soldats en l’honneur desquels nous sommes aujourd’hui rassemblés : « Il n’a pas disparu ; il est ici ».
Extrait du discours de Lord Plumer, 24 juillet 1927,
http://www.firstworldwar.com/features/meningate.htm
Pour conclure son discours, Plumer tira sur une corde, les drapeaux s’abaissèrent et les mots inscrits sous le lion furent dévoilés :
Aux armées de l’Empire britannique, stationnées ici entre 1914 et 1918, et à ceux d’entre eux qui sont morts et n’ont pas de tombe connue.
Aux yeux de ceux qui virent les drapeaux s’abaisser, il sembla peut-être que le lion, assis, la tête levée et le regard vigilant, scrutait ces terribles champs de bataille où les « disparus » gisaient dans la glaise du Saillant, maintenant paisible. Ces mots suggéraient également la ténacité avec laquelle les hommes de ces armées avaient défendu Ypres, refusant de laisser cette dernière ville de Belgique tomber aux mains des Allemands. Dans ce sens, le nouveau monument était un « mémorial de bataille » construit pour rendre hommage à tous ceux qui combattirent et à tous ceux qui moururent à Ypres.
Si les mots de Plumer touchèrent les cœurs, alors ce qui suivit fit sans doute couler quelques larmes :
[…] (un) joueur de clairon joua The Last Post. Il y avait tellement de douleur dans cette musique, particulièrement dans les mesures lancinantes qui rappellent Lights Out. Mais pour ceux qui l’entendirent et qui connaissaient l’ancien Saillant et les fantômes qui le hantent encore, comment oublier le moment où les joueurs de cornemuse de la garde écossaise jouèrent ces lamentations perçantes à partir des remparts – « the flowers of the forest are all wede away » (les fleurs de la forêt sont toutes fanées). Cette musique sonda nos cœurs de manière insupportable. Le « Réveil », bien qu’il soit emprunt de toute la gaieté d’une aurore éclatante, ne put adoucir ce souvenir.
The Manchester Guardian, 28 juillet 1927
La Porte de Menin en construction vers le milieu des années 1920 [Commission du Commonwealth des sépultures militaires]
« Flowers of the forest » est une musique composée à la mémoire des 10 000 Écossais et de leur roi, tués pendant la bataille de Flodden Field en 1513. On dit qu’aucun foyer écossais n’échappa à la tristesse et au désespoir de Flodden. De même, aucune parcelle de l’ancien Empire britannique ne fut épargnée par les pertes infligées par la bataille contre l’Empire germanique à Ypres entre 1914 et 1918.
- Écouter

- Flowers of the Forest à la cornemuse
© 2013 Department of Veterans' Affairs and Board of Studies NSW :: Last update - December 2010
![La Porte de Menin, Ypres [DVA]](/menin-gate/images/mg-1-tn.jpg)
![La Porte de Menin vue de la Meensestraat, Ypres [DVA]](/menin-gate/images/mg-2-tn.jpg)
![Invitation à l’inauguration de la Porte de Menin, 24 juillet 1927 [Stedelijke Musea, Ypres]](/menin-gate/images/menin-1-tn.jpg)
![Inscription, Porte de Menin, Ypres [DVA]](/menin-gate/images/mg-22-tn.jpg)

![Le lion et l’inscription, Porte de Menin, Ypres [DVA]](/menin-gate/images/mg-8-tn.jpg)
![La Porte de Menin en construction vers le milieu des années 1920 [Commission du Commonwealth des sépultures militaires]](/menin-gate/images/menin-11-tn.jpg)