Belgique 1917: Bataille de Messines

Messines (Mesen), parc de Paix de l’île d’Irlande

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De vaines tentatives de nous serrer dans les bras – la bataille de Messines, 7 juin 1917

L’une des raisons pour lesquelles les Australiens devraient visiter le Parc de Paix de l’Île d’Irlande à Messines (Mesen) est que cet endroit fut le théâtre d’intenses combats auxquels participèrent des soldats australiens en 1917.

À l’entrée du parc, juste après avoir franchi le portail, se trouve une plaque portant l’inscription suivante : « […] du sommet de cette crête, qui fut le théâtre d’un terrible carnage ». Ce fut en effet un carnage, mais il ne fut pas causé par la progression des divisions irlandaises. Ces combats se déroulèrent bien au nord. De la crête sur laquelle se dresse la tour, à l’aube du 7 juin 1917, on aurait pu voir la progression des divisions du corps Anzac II. À l’ouest de la tour et légèrement au nord se trouvait la 25e division britannique. Au centre, se dirigeant directement vers la tour en suivant une ligne orientée au nord-est, se trouvait la division néo-zélandaise. Enfin, à travers les champs, au sud, se déplaçant dans la même direction, se trouvaient les bataillons de tête de la 3e division australienne, dont les soldats participaient à leur première grande bataille sur le front occidental.

À partir du pilier qui se trouve à l’extrémité sud du Parc de Paix et sur lequel sont consignés les noms de chaque comté d’Irlande s’offre la meilleure vue panoramique d’un champ de bataille australien de tout le front occidental.

Vue vers le nord-ouest à partir du Parc de Paix de l’Île d’Irlande. C’est à partir de cette zone que la division néo-zélandaise attaqua la crête de Messines le matin du 7 juin 1917. La 4e division australienne avança plus tard sur cette zone, précisément en face de l’endroit où se trouve maintenant le Parc de Paix. [DVA]

Vue vers le nord-ouest à partir du Parc de Paix de l’Île d’Irlande. C’est à partir de cette zone que la division néo-zélandaise attaqua la crête de Messines le matin du 7 juin 1917. La 4e division australienne avança plus tard sur cette zone, précisément en face de l’endroit où se trouve maintenant le Parc de Paix. [DVA]

Pilier du Parc de Paix de l’Île d’Irlande indiquant les zones d’attaque des différentes divisions pendant la bataille de Messines le 7 juin 1917. Selon ce pilier, le parc est compris dans la zone de bataille du corps Anzac II, qui comprenait la division néo-zélandaise et la 4e division australienne. [DVA]

Pilier du Parc de Paix de l’Île d’Irlande indiquant les zones d’attaque des différentes divisions pendant la bataille de Messines le 7 juin 1917. Selon ce pilier, le parc est compris dans la zone de bataille du corps Anzac II, qui comprenait la division néo-zélandaise et la 4e division australienne. [DVA]

Soldats néo-zélandais regardant les chars avancer vers la crête de Messines pendant l’attaque du 7 juin 1917 [AWM E01417]

Soldats néo-zélandais regardant les chars avancer vers la crête de Messines pendant l’attaque du 7 juin 1917 [AWM E01417]

Deux chars sur le chemin des combats pendant l’attaque sur la crête de Messines, 7 juin 1917 [AWM E01419]

Deux chars sur le chemin des combats pendant l’attaque sur la crête de Messines, 7 juin 1917 [AWM E01419]

L’ouverture de la bataille de Messines provoqua à cette époque la plus grande explosion de l’histoire. Sur la colline artificielle de Hill 60, à l’extrémité nord de la ligne, la 1ère compagnie australienne d’excavation de galeries travaillait depuis novembre 1916 au creusement de deux grands tunnels de mine passant sous Hill 60 et la colline The Caterpillar (« la chenille »). Sur tout le front britannique se trouvaient 17 mines semblables, toutes chargées d’explosifs et, à 3 h 10 le matin du 7 juin 1917, elles explosèrent simultanément, marquant l’ouverture de l’attaque de Messines. La mine de Hill 60 fit naître un cratère d’une profondeur d’environ 20 mètres et d’une largeur d’environ 80 mètres. Les conséquences sur les troupes allemandes positionnées sur la ligne de front furent catastrophiques. Juste après les explosions et précédés par un barrage roulant d’artillerie, les troupes australiennes, néo-zélandaises et britanniques avancèrent pour trouver un ennemi anéanti, comme le décrivit Charles Bean :

Partout, après quelques tirs épars, les Allemands se rendaient au fur et à mesure que les troupes approchaient. Les hommes longeaient les tranchées pour bombarder les abris dont les occupants sortaient, certains se faisant tout petits comme des animaux maltraités. Ils firent « de nombreuses tentatives vaines de nous serrer dans les bras », raconta le lieutenant Garrard de la 40e. « Je n’ai jamais vu d’hommes aussi démoralisés ».

Charles Bean, The AIF in France 1917 (Les Forces armées impériales australiennes (AIF) en France en 1917), tome IV, The Official History of Australia in the War of 1914-1918 (Histoire officielle de l’Australie pendant la guerre de 1914-1918), Sydney, 1941, p. 595

Prisonniers allemands près de Messines, Will Dyson, 1917 ; pinceau et encre avec fusain sur papier [AWM ART02214]

Prisonniers allemands près de Messines, Will Dyson, 1917 ; pinceau et encre avec fusain sur papier [AWM ART02214]

À partir du poste d’observation du pilier situé dans le Parc de Paix irlandais, la zone dans laquelle le lieutenant William Garrard et ses camarades du 40e bataillon (Tasmanie) lancèrent une attaque ce matin-là est clairement visible. Plus bas en suivant la route venant du parc se trouve la rivière de la Douve (Douvebeek), guère plus qu’un ruisseau. Le point où la route, la N365, traverse la Douve juste après quelques bâtiments agricoles est l’endroit où la 40e passa à l’action. Immédiatement après les explosions de mines, ils quittèrent leurs lignes de rassemblement à droite de la route et se mirent en marche vers leur objectif à environ 250 mètres à gauche de la route et juste au nord de la rivière. Selon l’historien du bataillon, la vallée était un « rideau de brume, de poussière et de fumée ». Des ponts furent rapidement mis en place pour traverser la Douve, mais certains hommes traversèrent simplement à gué et escaladèrent la rive opposée. Une mitrailleuse allemande, positionnée à l’endroit où la route enjambe la rivière, essaya d’arrêter les Tasmaniens mais le lieutenant William Crosby et le sergent Lyell Swan la contournèrent et tuèrent l’équipe à l’aide de grenades. D’autres mitrailleuses placées plus loin firent également quelques victimes mais vers 3 h 30 du matin, c’est-à-dire 20 minutes après s’être mis en mouvement, le 40e atteignit son objectif. Lorsque la brume se dissipa, toutefois, l’artillerie ennemie ouvrit le feu pour le reste de la journée, pendant laquelle le bataillon combattit jusqu’à atteindre son objectif final, à environ un kilomètre le long de la rive nord de la Douve.

Les rives de la Douve en regardant vers le Parc de Paix de l’Île d’Irlande [DVA]

Les rives de la Douve en regardant vers le Parc de Paix de l’Île d’Irlande [DVA]

La Douve au sud de Messines (Mesen) [DVA]

La Douve au sud de Messines (Mesen) [DVA]

Pont enjambant la Douve, mis en place par le 40e bataillon (Tasmanie) immédiatement après l’attaque du 7 juin 1917 [AWM E01286]

Pont enjambant la Douve, mis en place par le 40e bataillon (Tasmanie) immédiatement après l’attaque du 7 juin 1917 [AWM E01286]

La Douve, 11 novembre 1917 [AWM E01292]

La Douve, 11 novembre 1917 [AWM E01292]

En se retirant du terrain d’action le 9 juin, le 40e retourna sur ses pas le long de la N365, s’éloignant de Messines et en direction de Ploegsteert. Certains soldats étaient tellement fatigués qu’il fallut les transporter dans des camions ou dans des ambulances mais, lorsqu’ils arrivèrent à proximité de leur camp, ils virent de jeunes vendeurs de journaux belges brandir des journaux anglais avec à la une le titre suivant : « Prise de la crête Messines-Wytschaete : une grande victoire britannique ». Mais toute victoire sur le front occidental se payait cher : entre le 7 et le 9 juin, le 40e bataillon compta 317 victimes, morts et blessés.

Alors que les Tasmaniens épuisés marchaient d’un pas lourd ce jour-là, ils passèrent sans doute devant le cimetière où certains de leurs morts allaient plus tard reposer, le cimetière Strand, à gauche de la N365 juste avant le village de Ploegsteert. Parmi eux, dans le carré III (l’un des carrés réservés aux sépultures militaires), dans la rangée E, tombe 13, repose le soldat de deuxième classe Arthur Hill, âgé de 22 ans, originaire de Swansea, sur la côte est de la Tasmanie. Le soldat de deuxième classe Frederick Carr, qui fut témoin de sa mort, raconta que Hill fut tué par du « feu liquide », c’est-à-dire par un lance-flammes. Charles Bean mentionne pour la première fois l’utilisation de lance-flammes contre des soldats australiens en 1916, à la ferme du Mouquet, dans la Somme ; une photographie officielle d’un « Flammenwerfer » allemand saisi par les Australiens près d’Ypres fut également prise en septembre 1917. Bean ne mentionne pas l’utilisation de telles armes par les Allemands pendant la bataille de Messines.

Un « Flammenwerfer » (lance-flammes) allemand saisi près d’Ypres, septembre 1917 [AWM E00802]

Un « Flammenwerfer » (lance-flammes) allemand saisi près d’Ypres, septembre 1917 [AWM E00802]

Cimetière Strand, Ploegsteert [DVA]

Cimetière Strand, Ploegsteert [DVA]

Cimetière Strand, Ploegsteert [DVA]

Cimetière Strand, Ploegsteert [DVA]

Pierre tombale du soldat de deuxième classe Arthur Hill, du 40e bataillon (Tasmanie), cimetière Strand, Ploegsteert [DVA]

Pierre tombale du soldat de deuxième classe Arthur Hill, du 40e bataillon (Tasmanie), cimetière Strand, Ploegsteert [DVA]

À Messines, toutes les positions allemandes sur la ligne de front furent saisies en quelques minutes. Et, malgré une opposition qui se durcissait, la crête de Messines se trouva aux mains des Britanniques juste après 6 h du matin. Une fois la crête de Messines tombée, les troupes attaquantes s’ancrèrent dans leurs positions et se préparèrent pour une contre-attaque imminente. Ce jour-là, la 4e division australienne se trouvait en renfort de la division néo-zélandaise d’Anzac II et, juste après 11 h 30, quatre bataillons d’infanterie de la 4e gravirent directement la côte à l’ouest de la tour irlandaise derrière les Néo-zélandais, et passèrent par le centre de Messines, ainsi qu’au nord et au sud du village. Le 45e bataillon (Nouvelle-Galles du Sud) et le 47e bataillon (Queensland et Tasmanie) atteignirent le sommet de la crête presque exactement à l’endroit où se trouve la tour irlandaise, où ils se trouvèrent exposés aux bombardements et tirs d’armes légères ennemis. Ils passèrent directement au travers de ce barrage au prix de seulement quelques victimes mais, alors que le 47e s’abritait dans des cratères d’obus sur la pente de la colline en attendant un moment propice pour attaquer en début d’après-midi, le capitaine Francis Davy, de Hobart en Tasmanie, fut touché et tué. Le lieutenant Clifford Mendoza, de Townsville dans le Queensland, fut témoin de la mort de Davy :

C’était juste à midi pendant une pause sur une ligne de ralliement. Le capitaine Davy parcourait les troupes pour donner des instructions aux commandants de section. Il venait juste de retourner à son poste lorsqu’il fut touché par un obus, qui le tua sur le coup. Il fut enterré dans le champ derrière la ligne au sud-est de Messines.

Capitaine Francis Davy, dossier du Bureau de recherche des personnes blessées et disparues de la Croix rouge australienne,
www.awm.gov.au/cms_images/1DRL428/00009/1DRL428–00009–0891101.pdf

Bombardement en cours dans la vallée de la Douve, Messines (Mesen), juin 1917 [AWM H12264]

Bombardement en cours dans la vallée de la Douve, Messines (Mesen), juin 1917 [AWM H12264]

La tombe de Davy, qui ne peut se trouver loin de l’endroit où se situe maintenant le Parc de Paix irlandais, ne fut pas retrouvée après la guerre, et son nom est gravé parmi les « disparus » du 47e bataillon sur la Porte de Menin à Ypres.

Pieux pour fil métallique datant de la Première Guerre mondiale dans un champ près de la rivière de la Douve au sud de Messines (Mesen) [DVA]

Pieux pour fil métallique datant de la Première Guerre mondiale dans un champ près de la rivière de la Douve au sud de Messines (Mesen) [DVA]

Pieux pour fil métallique datant de la Première Guerre mondiale dans un champ près de la rivière de la Douve au sud de Messines (Mesen) [DVA]

Pieux pour fil métallique datant de la Première Guerre mondiale dans un champ près de la rivière de la Douve au sud de Messines (Mesen) [DVA]

Mémorial érigé par leurs camarades en hommage aux soldats du 35e bataillon (Nouvelle-Galles du Sud) qui moururent pendant la bataille de Messines du 7 juin 1917, dans la région de Messines, février 1918 [AWM E01649]

Mémorial érigé par leurs camarades en hommage aux soldats du 35e bataillon (Nouvelle-Galles du Sud) qui moururent pendant la bataille de Messines du 7 juin 1917, dans la région de Messines, février 1918 [AWM E01649]


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