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Messines (Mesen), Parc de Paix de l’Île d’Irlande

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Le signal pour une boucherie – casemates à Messines

Pour les Australiens, une nouvelle caractéristique du champ de bataille du 7 juin 1917 était le blockhaus allemand, un type de casemate. Ces structures en béton armé, qui ne pouvaient vraiment être détruites qu’au moyen d’un tir direct d’obus lourd, permettaient aux soldats de s’abriter pendant les bombardements, puis de réapparaître avec leurs mitrailleuses lorsque l’ennemi avançait vers leur ligne. Certains bâtiments étaient dotés de petites fentes dans le béton, à travers lesquelles on pouvait faire feu avec une mitrailleuse, mais d’autres étaient entièrement closes, à l’exception d’une porte située à l’arrière. Il était essentiel de prendre ces positions, faute de quoi de puissants détachements ennemis étaient laissés à l’arrière d’une progression rapide. Charles Bean décrit comment la résistance offerte par les garnisons de ces fortifications exaspérait particulièrement des hommes déjà stressés par le combat :

Lorsque de telles tensions sont présentes dans un combat, les règles d’une guerre « civilisée » sont impuissantes. La plupart des hommes sont temporairement à moitié fous, leur sang bat contre leurs tempes, leur bouche est sèche […]. Après avoir été exposés aux tirs de mitrailleuse, faire sortir des groupes ennemis de derrière une bonne épaisseur de béton est presque inévitablement le signal pour une boucherie, au moins des premiers soldats qui émergent, et parfois même les blessés sans défense ne sont pas épargnés […] être impitoyable est une qualité essentielle dans les combats en corps à corps, et les soldats étaient délibérément entraînés pour cela.

Charles Bean,The AIF in France 1917, (Les Forces armées impériales australiennes de l’AIF en France en 1917), tome IV, The Official History of Australia in the War of 1914-1918 (Histoire officielle de l’Australie pendant la guerre de 1914-1918), Sydney, 1941, p. 624

« Huns’ Walk » (le chemin des Huns), à l’est de Messines (Mesen), pris par des soldats australiens pendant la bataille de Messines le 7 juin 1917 [AWM E01295]

« Huns’ Walk » (le chemin des Huns), à l’est de Messines (Mesen), pris par des soldats australiens pendant la bataille de Messines le 7 juin 1917 [AWM E01295]

La N134 à l’est de Messines (Mesen) à proximité de « Huns’ Walk » (le chemin des Huns) sur le champ de bataille de Messines en 1917 [DVA]

La N134 à l’est de Messines (Mesen) à proximité de « Huns’ Walk » (le chemin des Huns) sur le champ de bataille de Messines en 1917 [DVA]

Dans la campagne directement à l’est de la tour irlandaise se trouvaient plusieurs casemates allemandes, chacune devant être conquise, souvent au prix de lourdes pertes. Une casemate en particulier, située en bord de route à environ un kilomètre à l’est de la tour, donna du fil à retordre au 37e bataillon (Victoria). Une compagnie sous le commandement du capitaine Robert Grieve, originaire de Brighton dans le Victoria, fut retenue par cette casemate alors que les soldats essayaient de se faufiler par une ouverture aménagée dans les clôtures allemandes. La moitié de la compagnie, dont tous les officiers à l’exception de Grieve, fut touchée et Grieve vint à penser qu’ils allaient tous périr si la mitrailleuse allemande n’était pas neutralisée. Indiquant à ses hommes de s’abriter dans des cratères d’obus, il espérait au début pouvoir neutraliser la mitrailleuse, qu’il pouvait clairement distinguer, faisant feu par une fente dans le blockhaus, à l’aide d’un obus de mortier et d’une mitrailleuse lourde Vickers amenés derrière son unité. L’équipe de mortier avait cependant était touchée par un obus allemand et les tentatives d’un autre officier, le lieutenant Alexander Fraser de la 10e compagnie de mitrailleuses, originaire de Kyneton, dans le Victoria, de faire marcher le Vickers furent vaines.

Le capitaine Robert Grieve, du 37e bataillon (Victoria) [AWM H00038]

Le capitaine Robert Grieve, du 37e bataillon (Victoria) [AWM H00038]

Soldats allemands morts pendant la bataille de Messines le 7 juin 1917 [AWM H09212]

Soldats allemands morts pendant la bataille de Messines le 7 juin 1917 [AWM H09212]

Grieve décida de prendre les choses en mains. Saisissant un sac de grenades, il se faufila lentement jusqu’au blockhaus. Sa tactique consistait à lancer une grenade, puis à courir vers l’avant en petites étapes, de cratère d’obus en cratère d’obus, à travers la poussière soulevée par l’explosion. Après l’explosion de grenade, les tireurs allemands cessaient également le feu pour un instant. Ainsi, Grieve parvint jusqu’à la tranchée allemande située à gauche du blockhaus. La tranchée était vide car les soldats ennemis s’abritaient encore des bombardements britanniques. Une autre grenade, lancée à proximité de la fente à travers laquelle les Allemands tiraient, les fit s’arrêter et Grieve en profita pour faire rouler deux grenades directement dans l’ouverture. Après les explosions, il se faufila à l’arrière du blockhaus jusqu’à la porte et trouva les soldats gisant, morts ou blessés, autour de leur mitrailleuse. Grieve indiqua alors à ses hommes de s’approcher et la tranchée fut occupée.

Un blockhaus allemand (ou casemate) pris par les troupes australiennes pendant la bataille de Messines le 7 juin 1917 [AWM J00786]

Un blockhaus allemand (ou casemate) pris par les troupes australiennes pendant la bataille de Messines le 7 juin 1917 [AWM J00786]

Un blockhaus allemand (ou casemate) détruit par l’explosion d’une mine près de Messines (Mesen), le 27 novembre 1917 [AWM E01269]

Un blockhaus allemand (ou casemate) détruit par l’explosion d’une mine près de Messines (Mesen), le 27 novembre 1917 [AWM E01269]

Il ne fait pas de doute que la rapide initiative du capitaine Robert Grieve sauva ses hommes et permit à la ligne d’avancer. Pour récompenser son exceptionnel courage, on lui décerna plus tard la Croix de Victoria. Malheureusement, il fut lui-même gravement blessé par un tireur embusqué peu de temps après son acte de bravoure alors qu’il se tenait debout en indiquant à des effectifs restants de sa compagnie d’avancer et d’occuper la tranchée. À ce point il ne restait que 40 hommes sur plus de 100 en début d’après-midi.

Église de Messines (Mesen), janvier 1917 [AWM E01488]

Église de Messines (Mesen), janvier 1917 [AWM E01488]

Tour ronde du Parc de Paix de l’Île d’Irlande vue du sud de Messines (Mesen). L’église de Messines se profile au fond à droite. [DVA]

Tour ronde du Parc de Paix de l’Île d’Irlande vue du sud de Messines (Mesen). L’église de Messines se profile au fond à droite. [DVA]

Arbres, Parc de Paix de l’Île d’Irlande [DVA]

Arbres, Parc de Paix de l’Île d’Irlande [DVA]


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