France 1918: Bataille du Mt St Quentin

Mont St Quentin, Monument aux morts de la deuxième Division australienne

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La clé de l’ensemble de la position ennemie

Cliquez ici pour regarder un documentaire d’archivesDepuis l’arrière du Monument aux morts de la deuxième Division australienne, la perspective donne sur l’est en descendant les pentes vers les champs. C’est ici, au lever du jour le 31 septembre 1918, que se trouvaient des positions allemandes renforcées autour du sommet du Mont St Quentin, ces positions étant la clé de la défense de la ville de Péronne sur la gauche. A 5 h du matin, des obus des artilleurs anglais et australiens commencèrent à frapper les tranchées allemandes situées sur les pentes les plus basses et deux bataillons de l’AIF sous-représentés - le 17e et le 20e - se lancèrent en avant vers le Mont St Quentin. Les hommes du 18e et du 19e Bataillon les suivaient. Pour compenser leur manque d’hommes, les officiers avaient demandé aux soldats de « crier comme autant de brigands de la brousse australienne » !

Prise du Mont St Quentin, Fred Leist, [peinture à l’huile sur canevas, AWM ART02929]

Prise du Mont St Quentin, Fred Leist, [peinture à l’huile sur canevas, AWM ART02929]

Mont St Quentin vu du sud, septembre 1918. [AWM E03210]

Mont St Quentin vu du sud, septembre 1918. [AWM E03210]

L’attaque prit les Allemands totalement de court. Beaucoup se rendirent rapidement et se placèrent à l’arrière, laissant, le plus souvent, leurs mitrailleuses au sol. Un officier allemand précisa que cela « s’était produit en un éclair, et avant que nous ayons pu tirer une seule balle, nous fûmes pris de court ». Lorsque les Australiens atteignirent le bas de la colline, ils pouvaient observer de nombreux soldats ennemis remontant vers les épaules de la colline :

Les Australiens, qui s’étaient attendus à des combats lourds, se pressaient, l’esprit maintenant décontracté, essayant de les attraper et tirant de temps en temps sur eux. Quand chaque nouveau groupe d’Allemands sortait des tranchées devant eux, les mitrailleurs Lewis se jetaient à terre quelques instants pour tirer.

Charles Bean, The Australian Imperial Force in France, 1918, Official History of Australia in the War of 1914–1918, (La Force impériale australienne en France, 1918, l’histoire officielle de l’Australie durant la guerre de 1914-1918), Volume VI, p. 813

Le 21e Bataillon (Victoria) avançant durant l’attaque du Mont St Quentin, France, 1er septembre 1918. [AWM E03104]

Le 21e Bataillon (Victoria) avançant durant l’attaque du Mont St Quentin, France, 1er septembre 1918. [AWM E03104]

Les attaquants repoussèrent bientôt l’ennemi jusqu’au sommet du Mont St Quentin alors que d’autres avançaient dans les champs plats pour renforcer les versants. Ce fut un succès rapide et soudain. Au quartier général de la quatrième armée, le général Sir Henry Rawlinson se levait et se préparait pour la journée :

Alors que je m’habillais […] Archie [le chef d’état major, Sir Archibald Montgomery] m’appela pour me faire savoir que les Australiens avaient pris Mont St Quentin. Ce fut effectivement une performance magnifique de leur part.

Le général Sir Henry Rawlinson, commandant, quatrième armée britannique, dans sa voiture du quartier général avancé, France, 1918. [AWM E03898]

Le général Sir Henry Rawlinson, commandant, quatrième armée britannique, dans sa voiture du quartier général avancé, France, 1918. [AWM E03898]

Le capitaine James Sullivan, 21e Bataillon (Victoria), menant ses hommes en remontant la route balayée de balles vers Mont St Quentin, France, 1er septembre 1918. Le capitaine Sullivan fut tué lors de la dernière offensive de l’AIF en France le 5 octobre 1918 et enterré au cimetière britannique de Bellicourt, carré VI, rangée S, tombe 7. [AWM E03126]

Le capitaine James Sullivan, 21e Bataillon (Victoria), menant ses hommes en remontant la route balayée de balles vers Mont St Quentin, France, 1er septembre 1918. Le capitaine Sullivan fut tué lors de la dernière offensive de l’AIF en France le 5 octobre 1918 et enterré au cimetière britannique de Bellicourt, carré VI, rangée S, tombe 7. [AWM E03126]

Membres du 24e Bataillon (Victoria) dans une tranchée, attendant la levée du barrage d’artillerie avant l’attaque renouvelée sur Mont St Quentin, France, 1er septembre 1918. [AWM E03138]

Membres du 24e Bataillon (Victoria) dans une tranchée, attendant la levée du barrage d’artillerie avant l’attaque renouvelée sur Mont St Quentin, France, 1er septembre 1918. [AWM E03138]

Charles Bean écrirait ultérieurement que le personnel du haut commandement aurait été encore plus abasourdi s’il avait connu la faiblesse des effectifs des forces australiennes qui avaient enlevé la colline - « huit compagnies épuisées dont quelque 550 fusils, avec une poignée de mitrailleurs et quatre compagnies de 22 pour tout soutien rapproché ». Étant donné ces faibles effectifs, la situation au Mont St Quentin était en fait grave. Pendant la matinée du 31 septembre, les Allemands commencèrent à infiltrer les positions australiennes faiblement défendues et dès l’après-midi les Australiens s’étaient repliés en contrebas du Mont St Quentin.

Le lendemain, 1er septembre 1918, l’AIF reprit son attaque et à la longue domina Mont St Quentin. Un jeune soldat du 23e Bataillon qui dut affronter les mitrailleuses allemandes ce jour-là était le soldat de deuxième classe Robert Comb, un responsable de clôtures de SeaLake, dans le Victoria, âgé de 20 ans. Plusieurs années après, Robert se souvenait comment sa section avait été clouée au sol par une mitrailleuse et comment, selon lui - « je me suis fâché tout rouge ». Plutôt qu’avancer en rampant sous les tirs ennemis, Robert se leva et partit à la charge, tirant sa mitrailleuse Lewis de la hanche afin de permettre à ses copains d’avancer en sécurité. Au village du Mont St Quentin, le soldat de deuxième classe Comb élimina un autre poste de mitrailleuse allemand à lui tout seul. Pour son courage ce jour-là, on lui décernerait la médaille militaire.

Soldats australiens se déplaçant le long d’une tranchée de communication au Mont St Quentin, France, 1er septembre 1918. [AWM E03139]

Soldats australiens se déplaçant le long d’une tranchée de communication au Mont St Quentin, France, 1er septembre 1918. [AWM E03139]

En 1993, Robert Comb revint au Monument aux morts du Mt St Quentin comme membre d’une mission officielle de vétérans du gouvernement australien pour commémorer le 75e anniversaire des batailles de l’AIF en France et en Belgique entre 1916 et 1918. Derrière la statue silencieuse du soldat australien, Robert quitta le groupe et s’assit silencieusement à l’écart avec sa bière. Peut-être entendait-il après toutes ces années le lointain bruit des mitrailleuses et le fracas des obus d’artillerie au Mont St Quentin du 1er septembre 1918 ?

Le succès qu’on remporte aux batailles dépend du fonctionnement d’opérations et de manœuvres complexes pour lesquelles toute une gamme de capacités sont essentielles. Combattant dans le 23e Bataillon au Mont St Quentin était le soldat de deuxième classe Thomas Delahunty, âgé de 21 ans, un boucher de Footscray, dans le Victoria. Dans l’AIF, Thomas avait appris l’art d’un « signaleur de ligne » et, malgré les tirs lourds des mitrailleuses tout autour de lui, il sortit continuellement pour s’assurer que les lignes téléphoniques essentielles entre les commandants du front et l’arrière continuaient à fonctionner. Comme le précise la recommandation pour sa médaille militaire :

[…] son mépris personnel du danger permit aux compagnies et au quartier général d’être maintenus en communication étroite pendant des phases critiques de l’opération. Sa bonne humeur et son comportement galant étaient exceptionnels.

Recommandation pour l’octroi d’une médaille militaire, soldat de deuxième classe Thomas Delahunty, 23e Battalion de l’AIF, version internet à
www.awm.gov.au/cms_images/awm28/2/324/0046.pdf

Mont St Quentin vu du nord depuis la N17 reliant Péronne à Bapaume. [DVA]

Mont St Quentin vu du nord depuis la N17 reliant Péronne à Bapaume. [DVA]

Plaque indiquant les batailles et les zones de ces batailles, choisie par la deuxième Division australienne vers 1919 pour être placée sur le Monument aux morts de la division au Mont St Quentin. [DVA]

Plaque indiquant les batailles et les zones de ces batailles, choisie par la deuxième Division australienne vers 1919 pour être placée sur le Monument aux morts de la division au Mont St Quentin. [DVA]


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