France 1918: Bataille du Mt St Quentin

Mont St Quentin, Monument aux morts de la deuxième Division australienne

Icône de carte

Un homme jusqu’au bout des ongles

Attaque sur Péronne, A Henry Fullwood, [peinture à l’huile sur canevas, AWM ART02503]

Attaque sur Péronne, A Henry Fullwood, [peinture à l’huile sur canevas, AWM ART02503]

Le 30 août 1925, après l’inauguration du Monument aux morts de la deuxième Division au Mont St Quentin, le maréchal Foch et son entourage descendirent la route sur une courte distance vers l’extension du cimetière communal de Péronne. C’est là que reposent les dépouilles de 512 soldats australiens, dont beaucoup périrent lors de la prise de Péronne par la 5e division australienne entre le 1er et le 3 septembre 1918. Foch déposa une couronne sur l’une des croix en bois où était inhumé un soldat australien, car le cimetière n’avait pas encore été doté de pierres tombales permanentes. Parmi les croix, dans le carré IV, rangée C, tombe 18, se trouvait le vice-sergent George Potter, du 53e Bataillon, âgé de 27 ans, un entrepreneur de travaux routiers originaire de Canberra, territoire de la capitale fédérale australienne.

Les remparts de Péronne. [DVA]

Les remparts de Péronne. [DVA]

Entrée du musée L’Historial de la Grande Guerre, dans les remparts de Péronne. [DVA]

Entrée du musée L’Historial de la Grande Guerre, dans les remparts de Péronne. [DVA]

Le vice-sergent George Potter, 53e Bataillon (Nouvelle-Galles du Sud), de Ainslie, ACT (territoire de la capitale australienne), qui fut tué le 1er septembre 1918 puis inhumé dans l’extension communale du cimetière de Péronne, Somme, France. [Richard Reid]

Le vice-sergent George Potter, 53e Bataillon (Nouvelle-Galles du Sud), de Ainslie, ACT (territoire de la capitale australienne), qui fut tué le 1er septembre 1918 puis inhumé dans l’extension communale du cimetière de Péronne, Somme, France. [Richard Reid]

Le matin du 1er septembre 1918, le 53e Bataillon, avec le 54e Bataillon sur sa droite, s’assembla tout de suite à l’est du village de Halles dans les zones plates entre le village et Mont St Quentin. Sa tâche consistait à continuer à évacuer les Allemands de la zone située entre la Somme et les anciens remparts de la ville de Péronne. Devant le bois d’Anvil, près de l’emplacement actuel du cimetière, se trouvaient des positions ennemies devant lesquelles courait une ceinture de barbelés ininterrompue. Une équipe du 53e se lança vers un trou dans les barbelés alors que, pour la couvrir, les mitrailleurs Lewis, dont le vice-sergent George Potter, se redressèrent et tirèrent des balles dans tous les sens au dessus des barbelés. L’on parvint à percer ces barbelés et à évacuer les Allemands de la ligne de tranchée où les Australiens remarquèrent que l’eau servant à refroidir les mitrailleuses allemandes bouillait encore. Cependant, la position exposée de George Potter en fit une cible aisée et il fut tué.

Vue vers une position de mitrailleuse allemande sur les remparts de Péronne en direction du bois d’Anvil, d’où des soldats australiens attaquèrent Péronne le 1er septembre 1918. [AWM E03781]

Vue vers une position de mitrailleuse allemande sur les remparts de Péronne en direction du bois d’Anvil, d’où des soldats australiens attaquèrent Péronne le 1er septembre 1918. [AWM E03781]

Blessés et tués dans le trou des barbelés enchevêtrés par lequel le 53e Bataillon (Nouvelle-Galles du Sud) avança lors de l’attaque sur Péronne, 1er septembre 1918. [AWM E03149]

Blessés et tués dans le trou des barbelés enchevêtrés par lequel le 53e Bataillon (Nouvelle-Galles du Sud) avança lors de l’attaque sur Péronne, 1er septembre 1918. [AWM E03149]

Circulaire du tableau d’honneur complétée par la mère de George Potter, Mme Charlotte Harris, se souvenant de la remarque de son officier commandant selon laquelle « George était un homme jusqu’au bout des ongles ». Sergent George Potter, Circulaire du tableau d’honneur, AWM.

Circulaire du tableau d’honneur complétée par la mère de George Potter, Mme Charlotte Harris, se souvenant de la remarque de son officier commandant selon laquelle « George était un homme jusqu’au bout des ongles ». Sergent George Potter, Circulaire du tableau d’honneur, AWM, http://www.awm.gov.au/cms_images/
awm131/040/040305.pdf

Les camarades de George ne l’oublièrent jamais. Chaque fois qu’ils se réuniraient à l’avenir pour se rappeler leur service en temps de guerre et pour échanger des histoires, ils lanceraient un « toast silencieux » à George :

Il est possible que dans la vie civile il n’ait pas été remarquable, mais aujourd’hui quand nous nous réunissons pour Anzac Day (journée des Anzacs, soldats australiens et néo-zélandais), nous avons envie de faire la collecte de toutes les décorations qu’on nous a décernées et de les mettre de côté car cet homme vraiment magnifique n’a reçu qu’une croix en bois pour le rôle qu’il joua en sacrifiant sa vie pour son pays et pour sauver ses amis.

AWB, ‘Galant Lewis Gunner’ (Mitrailleur Lewis galant), Stand–To (présentez armes) juillet-août 1954, p. 26

Sur sa circulaire du tableau d’honneur, qui est actuellement conservée au Mémorial australien de la guerre à Canberra, la mère de George évoqua son fils en ces termes :

Que puis-je ajouter aux mots de son lieutenant, George était un homme jusqu’au bout des ongles.

Extension du cimetière communal de Péronne. [DVA]

Extension du cimetière communal de Péronne. [DVA]

La tombe du soldat de deuxième classe Albert Victor Leslie, 27e Bataillon (Australie- Méridionale), de Jamestown, Australie- Méridionale, tué lors de combats le 2 septembre 1918, au cimetière communal de Péronne, France, février 1919. [AWM J00063]

La tombe du soldat de deuxième classe Albert Victor Leslie, 27e Bataillon (Australie- Méridionale), de Jamestown, Australie- Méridionale, tué lors de combats le 2 septembre 1918, au cimetière communal de Péronne, France, février 1919. [AWM J00063]

Le maréchal Ferdinand Foch plaçant une couronne sur la tombe d’un soldat australien, extension du cimetière communal de Péronne, Péronne, France, 30 août 1925. [National Archives of Australia (archives nationales australiennes) M3632.8.photo.15]

Le maréchal Ferdinand Foch plaçant une couronne sur la tombe d’un soldat australien, extension du cimetière communal de Péronne, Péronne, France, 30 août 1925. [National Archives of Australia (archives nationales australiennes) M3632.8.photo.15]

C’est par ici que le 53e Bataillon pénétra dans Péronne au matin du 2 septembre 1918. [AWM E03196]

C’est par ici que le 53e Bataillon pénétra dans Péronne au matin du 2 septembre 1918. [AWM E03196]

Après deux jours de combats acharnés, dont certains dans les rues de la ville, Péronne tomba aux mains des Australiens. Ayant perdu leur mainmise sur la Somme, les Allemands se replièrent donc vers l’est en direction de la ligne Hindenburg.

Position de mitrailleuse australienne Lewis à Péronne, France, 2 septembre 1918. [AWM E03183]

Position de mitrailleuse australienne Lewis à Péronne, France, 2 septembre 1918. [AWM E03183]

Église en ruines, Péronne, France, 5 septembre 1918. [AWM E03187]

Église en ruines, Péronne, France, 5 septembre 1918. [AWM E03187]

La « Roo de Kanga », Péronne, surnommé ainsi par les Australiens après leur prise de la ville des Allemands le 2 septembre 1918. [AWM E03512]

La « Roo de Kanga », Péronne, surnommé ainsi par les Australiens après leur prise de la ville des Allemands le 2 septembre 1918. [AWM E03512]

Plaque de rue « Roo de Kanga », Péronne. [DVA]

Plaque de rue « Roo de Kanga », Péronne. [DVA]

Ruines de Péronne, Hôtel de Ville, Arthur Streeton [aquarelle avec crayon, AWM ART03518]

Ruines de Péronne, Hôtel de Ville, Arthur Streeton [aquarelle avec crayon, AWM ART03518]

L’église de Péronne. [DVA]

L’église de Péronne. [DVA]

L’Hôtel de Ville de Péronne. La « Roo de Kanga » se trouve à droite de l’Hôtel de Ville. [DVA]

L’Hôtel de Ville de Péronne. La « Roo de Kanga » se trouve à droite de l’Hôtel de Ville. [DVA]

Allemands morts dans une tranchée prise par les Australiens durant leur avance sur Péronne le 1er septembre 1918. [AWM E03150]

Allemands morts dans une tranchée prise par les Australiens durant leur avance sur Péronne le 1er septembre 1918. [AWM E03150]

La prise de Mont St Quentin et de Péronne par l’AIF eut lieu après de longues semaines de combats acharnés. Les offensives et avances les plus ouvertes des derniers mois de la guerre n’avaient rien à voir avec les batailles terribles de 1916 et de 1917, mais les tirs des mitrailleuses ennemies et de l’artillerie étaient tout aussi meurtriers. En 1918, le Corps australien déplorait 60 355 pertes dont 12 187 tués lors des combats ou morts de leurs blessures. En outre, l’inscription volontaire en Australie ne fournissait pas assez de recrues pour maintenir pleinement actifs les 60 bataillons de l’AIF et autres unités de soutien. Comme un observateur, cité par Charles Bean, écrivit de façon dramatique :

Les bataillons vont se battre parfois avec 150 hommes ; 300 ou 350 semble être un nombre élevé dans les lignes de combats actuelles. Ils ne sont pas aussi épuisés qu’ils l’étaient après Pozières, mais ils ont certainement l’impression qu’ils ont fait plus que leur part équitable de combats […] on a le sentiment qu’ « il n’y aura bientôt plus d’armée des territoires britanniques », « qu’il n’y aura bientôt plus d’AIF ».

Charles Bean, The Australian Imperial Force in France, 1918, Official History of Australia in the War of 1914–1918, (La Force impériale australienne en France, 1918, l’histoire officielle de l’Australie durant la guerre de 1914-1918), Volume VI, p. 875

Vue arrière de la statue du soldat australien montrant son équipement - fusil, outil pour creuser, bouteille d’eau et sac à dos, Mont St Quentin. [DVA]

Vue arrière de la statue du soldat australien montrant son équipement - fusil, outil pour creuser, bouteille d’eau et sac à dos, Mont St Quentin. [DVA]

Le « soldat australien », Monument aux morts de la deuxième Division australienne, Mont St Quentin. [DVA]

Le « soldat australien », Monument aux morts de la deuxième Division australienne, Mont St Quentin. [DVA]


Icône de carte

© 2012 Department of Veterans' Affairs and Board of Studies NSW :: Last update - December 2010