France 1915: Notre Dame de Lorette

Notre-Dame de Lorette, Cimetière et mémorial français

Icône de carte

Des os rongés par les rats dans des tranchées abandonnées : les batailles de l’Artois en 1915

Vers la fin 1914 et en 1915, ce haut-plateau était un champ de bataille. À cette époque, une petite église se dressait là et, en octobre 1914, les Allemands, avançant pour prendre Arras, plus au sud, occupaient la plupart du plateau ainsi que les vallées situées en contrebas. Arras résista aux attaques allemandes et la ligne du Front occidental s’établit dans une grande saillie autour de Notre-Dame, Ablain-St-Nazaire et Carency, à quelques kilomètres au sud. Sur le plateau, les Allemands creusèrent cinq lignes de tranchées profondes et érigèrent une forteresse de sacs de sable, de plaques de métal et de mitrailleuses dans les ruines de l’ancienne église.

Notre tranchée à Carnoy en 1914, Louis Abel-Truchet, 1914 [Lithographie sur papier, AWM ART92965]

Notre tranchée à Carnoy en 1914, Louis Abel-Truchet, 1914 [Lithographie sur papier, AWM ART92965]

Tour-lanterne, cimetière et mémorial français de Notre-Dame de Lorette [DVA]

Tour-lanterne, cimetière et mémorial français de Notre-Dame de Lorette [DVA]

À partir de décembre 1914, les Français maintinrent les attaques contre les Allemands à Notre-Dame et, durant la Deuxième Bataille de l’Artois, qui commença le 9 mai 1915, ils arrachèrent la position des mains de leurs ennemis. Notre-Dame tomba le 12 mai, mais seulement après plusieurs jours de combats en corps à corps dans les tranchées et dans les ruines.

L’homme se trouvant à la tête des troupes françaises lors de la reprise de Notre-Dame était le général Paul Maistre, dont une statue se dresse juste de l’autre côté du portail du cimetière. La principale attaque française se déroula plus bas, entre les villages de Souchez et de Neuville-St-Vaast. Son but était de forcer les Allemands à quitter les hauteurs du côté est de la crête de Vimy, de sorte que les Français puissent de nouveau contrôler la vue sur la plaine de Douai et le cœur industriel du Nord de la France, alors sous occupation allemande. Fin juillet, après d’épouvantables pertes dans les deux camps, la bataille prit fin sans que les Français n’aient regagné la crête de Vimy.

Tombes, cimetière et mémorial français de Notre-Dame de Lorette [DVA]

Tombes, cimetière et mémorial français de Notre-Dame de Lorette [DVA]

Statue du général Paul Maistre devant le portail du cimetière et mémorial français de Notre-Dame de Lorette [DVA]

Statue du général Paul Maistre devant le portail du cimetière et mémorial français de Notre-Dame de Lorette [DVA]

Le rempart de Verdun, Lucien-Hector Jonas, vers 1916 [Lithographie, chine-collé sur papier, AWM ART92974]

Le rempart de Verdun, Lucien-Hector Jonas, vers 1916 [Lithographie, chine-collé sur papier, AWM ART92974]

Le 25 septembre, la Troisième Bataille de l’Artois commença en même temps qu’une attaque britannique de grande échelle à Loos, plus au nord. Un énorme bombardement de cinq jours précéda l’avancée de l’infanterie vers le village de Souchez, sous Notre-Dame. Il pleuvait à verse et les soldats (les « poilus ») avançaient, trempés jusqu’aux os. Là encore, les pertes furent énormes, comme le raconta un officier français, le capitaine Humbert : « Chaque nuit, les morts étaient chargés sur des charrettes tandis que les compagnies allant vers la ligne de front passaient le long d’interminables rangées d’autres morts attendant d’être enlevés à leur tour ». Une fois de plus, la bataille ne permit pas aux Français de gagner la crête de Vimy mais Souchez tomba.

Inscription sur la tour-lanterne du cimetière et mémorial français de Notre-Dame de Lorette : « À nos glorieux morts des champs de bataille de l’Artois et des Flandres » [DVA]

Inscription sur la tour-lanterne du cimetière et mémorial français de Notre-Dame de Lorette : « À nos glorieux morts des champs de bataille de l’Artois et des Flandres » [DVA]

Une équipe de mitrailleurs français, juin 1917 [AWM H04313]

Une équipe de mitrailleurs français, juin 1917 [AWM H04313]

Au début de l’année 1916, le Corps expéditionnaire britannique prit le relai des Français sur cette partie de la ligne de front alors que les Allemands préparaient leur attaque de grande envergure sur Verdun, loin au sud-est. Philip Gibbs, correspondant de guerre anglais, se rendit à Notre-Dame à cette époque et raconta comment les Français quittèrent cette « terre sacrée » à contrecœur : « ici, chaque champ était le cimetière de leurs morts héroïques ». Gibbs eut pour guide un officier français qui lui montra le paysage dévasté de Notre-Dame alors que s’abattaient les obus allemands lancés de la crête de Vimy. Alors que les Français partaient, Gibbs décrivit le paysage défiguré par la guerre dont allait hériter la nouvelle garnison britannique :

[...] des hommes en kaki qui s’installaient dans leurs anciennes positions et y trouvaient des os et des cadavres de Français, comme je les ai trouvés moi-même, des os blancs, rongés par les rats, dans des tranchées abandonnées sous Notre-Dame, lorsque la pluie emportait la terre et les mettait à nu.

Philip Gibbs, Now It Can Be Told (Maintenant on peut en parler), Londres, 1920, http://www.gutenberg.org/dirs/etext02/nicbt10.txt

En avril 1917, dans le cadre de l’offensive britannique à Arras, les Forces canadiennes attaquèrent les Allemands à partir de positions à l’est de Souchez, en suivant l’axe qu’est maintenant l’autoroute A26, et ils parvinrent à faire partir l’ennemi de la crête de Vimy.

Croix du soldat Ferdinand Edet, tué le 16 juin 1915, cimetière et mémorial français de Notre-Dame de Lorette [DVA]

Croix du soldat Ferdinand Edet, tué le 16 juin 1915, cimetière et mémorial français de Notre-Dame de Lorette [DVA]

Un soldat français, un « poilu » de la Première Guerre mondiale. Le terme « poilu » était le nom familier donné aux soldats en France pendant la guerre. Il entra dans l’usage pendant l’ère napoléonienne entre 1800 et 1815. [AWM H17975]

Un soldat français, un « poilu » de la Première Guerre mondiale. Le terme « poilu » était le nom familier donné aux soldats en France pendant la guerre. Il entra dans l’usage pendant l’ère napoléonienne entre 1800 et 1815. [AWM H17975]

Un soldat australien et un soldat français dans la Somme, juin 1918 [AWM E02537]

Un soldat australien et un soldat français dans la Somme, juin 1918 [AWM E02537]

Badge pour la Journée de la Croix rouge française en Australie, 6 décembre 1918 [AWM REL25033.005]

Badge pour la Journée de la Croix rouge française en Australie, 6 décembre 1918 [AWM REL25033.005]


Icône de carte

© 2012 Department of Veterans' Affairs and Board of Studies NSW :: Last update - December 2010