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Albert

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Albert, France, avec le clocher de Notre-Dame de Brebières. [DVA]

Albert, France, avec le clocher de Notre-Dame de Brebières. [DVA]

La rue d’Amiens-Albert à Albert, telle qu’elle était en 1914. [AWM C04921]

La rue d’Amiens-Albert à Albert, telle qu’elle était en 1914. [AWM C04921]

Albert en 1914. La basilique de Notre-Dame de Brebières, où pendait la statue dorée de la Vierge à l’enfant après avoir été frappée par un obus en 1916, se trouve à droite. [AWM C04922]

Albert en 1914. La basilique de Notre-Dame de Brebières, où pendait la statue dorée de la Vierge à l’enfant après avoir été frappée par un obus en 1916, se trouve à droite. [AWM C04922]

Indications
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Albert se trouve à 28 km au nord-est d’Amiens. Le cimetière communal est du côté sud-est d’Albert et au carrefour des routes pour Péronne (D938) et pour Bray-sur-Somme (D329). L’annexe au cimetière communal d’Albert est entièrement intégrée à celui-ci. L’entrée principale du cimetière se trouve sur la route de Péronne. Pour en savoir plus

La nuit du 21 juillet 1916, le correspondant officiel de l’armée australienne (qui deviendrait plus tard son historien officiel), Charles Bean, fut installé dans une maison de la ville française d’Albert dans le département de la Somme. Bean était content : dans cette ville ravagée près du front, on lui avait alloué une maison avec tout le confort moderne, un avantage « trop beau pour durer ». Effectivement, les Allemands recommencèrent cette nuit-là à bombarder Albert, une expérience que Bean, en dépit des huit mois qu’il venait de passer dans les tranchées de Gallipoli, trouva éprouvante : « … une curieuse situation que de dormir dans une maison bombardée – une situation plutôt perturbante ». Un autre aspect éprouvant était le bruit des intenses bombardements britanniques sur les lignes allemandes, à quelques kilomètres plus à l’est. La nuit du 22 juillet, les obus britanniques sifflèrent sans s’arrêter au-dessus d’Albert en direction de Pozières, qui était sur le point d’être attaquée par les Australiens :

Les canons tonnent tout autour, environ 40 à 50 tirs par minute, parfois sans discontinuer. Certains sont proches, on entend un ou deux gros tirs toutes les cinq minutes environ, dont l’énorme détonation fait sursauter, et on peut entendre l’obus monter dans le ciel avec le sifflement d’une fusée, ou laissant échapper de la vapeur. De temps en temps, on perçoit des voitures à chevaux ou des véhicules à moteur, ou deux voitures à chevaux qui passent à toute allure. Puis le vrombissement de la moto d’une estafette ».

Bean, cité par Dudley McCarthy dans Gallipoli to the Somme, the story of CEW Bean (De Gallipoli à la Somme, l’Histoire de C.E.W. Bean), Sydney, 1983, p. 235

La Basilique d’Albert en 1916 après la destruction de la ville par les bombardements. [AWM C05062]

La Basilique d’Albert en 1916 après la destruction de la ville par les bombardements. [AWM C05062]

Les bombardements étaient également éprouvants pour l’état-major de la 1ère Division australienne, qui se trouvait alors à Albert et préparait son assaut sur Pozières : il quitta le château Lamont pour s’installer 12, rue de Noyelles.

En 1916 et pendant les premiers mois de 1917, Albert était une ville bien connue des hommes des Forces armées impériales australiennes (AIF). Nombre d’entre eux traversèrent la ville ou passèrent non loin, d’où ils pouvaient voir sa célèbre statue penchée de la Vierge portant dans ses bras l’enfant Jésus, suspendue au sommet du clocher de l’église de Notre-Dame de Brebières. Cette statue avait été frappée par un obus allemand en 1915 et les soldats du génie militaire français l’avaient fixée à angle droit par rapport au bâtiment.

Hôtel de Ville, Albert. Gare ferroviaire, Albert.

Rue à la mémoire du plus célèbre Premier Ministre français de la Première Guerre mondiale, Georges Clémenceau. Statue de la Vierge à l’enfant, Notre-Dame de Brebières, Albert.

Peinture murale dépeignant la présence de l’armée britannique à Albert pendant la Première Guerre mondiale, Albert. Fenêtre de maison, Albert, France.

Albert. [DVA]

Pour les centaines de milliers de soldats en chemin pour les dangers du front, cette Vierge penchée semblait symboliser la folie et la destruction de la guerre, et des cartes postales produites dans la région de ce fameux site furent envoyées en masse aux familles de par le monde. Certains dirent que la guerre finirait lorsque la statue finirait par tomber. Elle fut renversée en avril 1918 par l’artillerie britannique mais la guerre se poursuivit jusqu’en novembre 1918. La statue elle-même ne fut jamais retrouvée. Elle aurait peut-être été envoyée en Allemagne pour y être fondue. L’aumônier William Devine du 48e Bataillon de l’AIF décrivit l’arrivée de son unité à Albert :

Le 1er août 1916, le bataillon quitta Harponville et continua sa marche vers l’est. Il aperçut bientôt Albert au loin, et vit pour la première fois la figure penchée de la Vierge sur la flèche de l’église. Le bataillon n’entra pas dans la ville, car de temps à autre des obus venaient s’y écraser, projetant des nuages de poussière, de fumée et de débris de maçonnerie, et les troupes la traversèrent rapidement et uniquement en petits groupes à de longs intervalles.

William Devine, The Story of a Battalion (L’Histoire d’un bataillon), Melbourne, 1919, p. 34

Notre-Dame de Brebières, Albert. [DVA]

Notre-Dame de Brebières, Albert. [DVA]

Basilique d’Albert, Marcel Auqis, Somme 1915. Une carte postale typique des cartes envoyées par les soldats britanniques et de l’Empire britannique à leur famille, montrant la statue endommagée de la Vierge à l’enfant de Notre-Dame de Brebières, Albert, pendant la Première Guerre mondiale. [sj002257, Bibliothèque fédérale du Victoria]

Basilique d’Albert, Marcel Auqis, Somme 1915. Une carte postale typique des cartes envoyées par les soldats britanniques et de l’Empire britannique à leur famille, montrant la statue endommagée de la Vierge à l’enfant de Notre-Dame de Brebières, Albert, pendant la Première Guerre mondiale. [sj002257, Bibliothèque fédérale du Victoria]

Photo en couleurs de la cathédrale endommagée par les bombardements d’Albert prise en septembre 1917 par le photographe australien officiel, le capitaine Frank Hurley. [AWM P03631_189]

Photo en couleurs de la cathédrale endommagée par les bombardements d’Albert prise en septembre 1917 par le photographe australien officiel, le capitaine Frank Hurley. [AWM P03631_189]

La statue penchée acquit le surnom de « Notre-Dame de Travers » ou, pour les Australiens, de « Fanny Durack », le nom d’une célèbre championne de natation australienne, et fut l’objet de nombreuses photographies et peintures. Peu après qu’il fut nommé photographe officiel de la guerre pour l’Australie en août 1917, le capitaine Frank Hurley visita Albert. Un soir, après avoir pris son repas dans le quartier de repos des officiers, Hurley s’aventura dans la ville en ruines et prit ce qu’il décrivit comme une « étude au flash et clair de lune de la Madone penchée ». L’explosion de la poudre utilisée pour le flash effraya les quelques habitants du coin qui s’étaient aventurés à revenir à Albert. Ils pensèrent qu’un bombardement commençait et furent très soulagés de ne découvrir qu’un « amateur de photo ». Le lendemain matin, Hurley passa beaucoup de temps dans les environs de la basilique en ruines pour tenter de trouver des angles dans des murs troués par les obus et des bâtiments en ruines pour ses photographies :

L’intérieur fait peine à voir. La toiture est en grande partie détruite par les balles ainsi que beaucoup des grandes colonnes de support. Le reste est tellement endommagé et mutilé par les fragments d’obus qu’il en est devenu irréparable. Si l’architecture de ce bel édifice ne soutient pas la comparaison avec celle d’autres cathédrales françaises plus célèbres, elle n’en est pas moins magnifique.

Frank Hurley, journal intime, 30 septembre 1917, www.nla.gov.au/nla.ms-ms883-1-5-s59

Pendant la bataille de la Somme, Albert était l’emplacement d’états-majors temporaires pour les divisions australiennes engagées dans les rudes combats de l’arête de Pozières, à quelques kilomètres de là. La route romaine en ligne droite d’Albert à Bapaume à l’est (aujourd’hui la D929) marquait la ligne d’avancée prévue des armées britanniques, qui lancèrent l’assaut sur les lignes allemandes le long d’un front de près de 50 kilomètres de long, le 1er juillet 1916. Albert abritait des ambulances de campagne qui traitaient souvent les blessés avant qu’ils ne soient emmenés vers l’un des postes d’urgence plus à l’ouest.

Les ruines de la gare ferroviaire d’Albert, vers 1917. [AWM H02112]

Les ruines de la gare ferroviaire d’Albert, vers 1917. [AWM H02112]


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