Zonnebeke, cimetière de Tyne Cot
Sur le camp éternel de la gloire – Cimetière de Tyne Cot
Panneau de la Commission du Commonwealth des sépultures militaires indiquant la direction du cimetière de Tyne Cot sur la route N303 allant de Broodseinde à Passchendaele. [DVA]
Une route bifurquant de la N303 entre Broodseinde et Passandale (Passchendaele) mène à Tyne Cot, le plus grand cimetière militaire de Grande-Bretagne et du Commonwealth au monde. C’est là que se trouvent 11 953 pierres tombales d’hommes morts sur le front ou de blessures subies lors de la défense d’Ypres entre 1914 et 1918. Ils moururent surtout pendant les mois de cette lutte épique appelée l’« Offensive des Flandres » en 1917, lorsque les troupes britanniques et françaises tentèrent de repousser les postes allemands le long des arêtes basses de la région et de percer leurs lignes en direction de la côte de la Manche.
A l’arrière du cimetière se trouve le long mur du Mémorial de Tyne Cot. Celui-ci porte les noms de 34 863 soldats britanniques qui n’ont pas de « lieu de sépulture connu », des hommes tombés entre le 15 août 1917 et la fin de la guerre. Ils représentent l’« excédent » de la Porte de Menin, lorsqu’on réalisa dans les années 1920 que ce mémorial, construit pour commémorer tous les Britanniques disparus dans la région d’Ypres, n’était pas assez grand pour les inclure tous. La grande majorité des noms inscrits sur le mur à Tyne Cot sont ceux de soldats qui seraient morts au cours des batailles ayant eu lieu dans les environs entre septembre et novembre 1917.
Pierres tombales dans le cimetière de Tyne Cot et le mur du Mémorial aux Disparus de Tyne Cot à l’arrière-plan. [DVA]
Au centre du mur, un rappel d’une tragédie pour la Nouvelle-Zélande : une abside en cercle contient les pans du Mémorial aux disparus de Nouvelle-Zélande, et parmi ceux commémorés ici, 663 (57 %) furent tués le 12 octobre 1917 à un emplacement que l’on peut voir du cimetière de Tyne Cot. Comme ils avançaient dans la boue pour apporter leur renfort aux Australiens ce jour-là, les Néo-zélandais furent pris dans des fils barbelés allemands ininterrompus et massacrés. Des années plus tard, le brancardier Stan Stanfield se rappela ainsi le triste état des blessés étendus sur le sol à côté d’une casemate allemande conquise :
… il n’arrêtait pas de pleuvoir. Et il faisait froid. Nous les récupérions d’un point de rencontre, un poste de secours de régiment. Il s’agissait d’un vieux site allemand en béton et il était impossible de tous les amener à l’intérieur, mais c’était là que travaillaient les docteurs. Et les soldats étaient donc étendus sur le sol, là où ils avaient été amenés par les brancardiers depuis le champ de bataille, et à un moment donné il y avait à mon avis six cents passagers de civières autour de la casemate, dans le froid et l’humidité, en train de mourir là où ils avaient été déchargés. Ils n’étaient même pas sur des brancards, mais reposaient à même le sol, avec un drap imperméable sur eux si quelqu’un avait pensé à les couvrir, ou s’ils avaient un copain pour le faire.
Retranscription d’un entretien avec Stan Stanfield, cité par Nicholas Boyack et Jane Tolerton dans In the Shadow of War: New Zealand soldiers talk about World War One and their lives (Dans l’ombre de la guerre : des soldats néo-zélandais racontent la Première Guerre mondiale et leurs vies). Auckland, 1990, p. 31
Les morts et blessés sur des brancards à l’extérieur d’une casemate allemande conquise servant de poste de secours australien, Zonnebeke, le 12 octobre 1917. [AWM E01202]
Tyne Cot est un cimetière de « consolidation » : les dépouilles des milliers d’hommes qui y reposent aujourd’hui ont été apportées de tombes isolées et de plus petits cimetières à la fin de la guerre. Mais il s’agissait également d’un cimetière de champ de bataille. Les pierres tombales juste derrière la Grande Croix, dans les rangées moins organisées, sont les lieux de sépulture d’origine. Au carré 1, rangée C, tombe 10 se trouve un « Anzac », le sergent Alexander Fraser, du 9e Bataillon (Queensland), mort au combat le 2 novembre 1917. Fraser, numéro 227, signa son « attestation de personne engagée pour servir à l’étranger » auprès des forces de l’AIF le 29 août 1914, trois semaines après la déclaration de guerre. Cela signifie que Fraser faisait partie de ceux qui s’engagèrent en masse lorsque l’opinion générale était que la guerre serait « finie d’ici Noël », et qu’il fallait s’engager vite si on voulait avoir une chance d’être envoyé à l’étranger. Charles Bean décrit ainsi ces enthousiastes :
La première ruée pour s’engager apporta à la 1ère Division australienne des combattants qui n’était pas tout à fait du même niveau que ceux qui répondirent à un appel du devoir ultérieur […] tout un groupe de romantiques, de Don Quichotte modernes, d’aventuriers qui flottaient à la surface de la population australienne se retrouva durant ces premières semaines dans les bureaux de recrutement de l’armée.
Charles Bean, The Story of Anzac (L’histoire des Anzac), Vol. I. Sydney, 1938, p. 43
Pierre tombale du sergent Alexander Fraser, 9e Bataillon (Queensland), un « Anzac », cimetière de Tyne Cot. [DVA]
Cheval de bât portant des obus dans la boue, H. Septimus Power, 1917. [Huile sur panneau dur AWM ART03307]
Fraser, un agent d’assurance de 34 ans, se voyait-il comme un romantique, un Don Quichotte moderne ou un aventurier, lorsqu’il arriva avec le 9e Bataillon, parmi les premiers Australiens, sur le rivage de Gallipoli à l’aube du 25 avril 1915 ?
Il trouva la mort dans la boue froide et humide du saillant d’Ypres, comme les Australiens vinrent en garnison sur le front pour assister les assauts des troupes canadiennes sur Passchendaele à la fin d’octobre et au début de novembre 1917, et ce fut ces Canadiens qui enterrèrent cet « Anzac » à Tyne Cot.
Derrière la Grande Croix, les pierres tombales s’étendent rangée après rangée. Il y a 1 369 tombes australiennes ici, dont 791 demeurent non identifiées, ce qui fait de Tyne Cot le cimetière militaire contenant le plus de soldats australiens au monde. À l’exception de deux, les 60 bataillons d’infanterie des cinq divisions de l’AIF, les forces armées impériales australiennes, sont représentés sur les pierres tombales. Le Bataillon le plus représenté est le 37e Bataillon (du Victoria), avec 25 hommes enterrés là. La plus grande majorité de ces hommes étaient des fantassins, mais on y trouve également quelques soldats du génie, des mitrailleurs, des brancardiers et un soldat de la cavalerie légère, James Murray du 13e régiment australien de cavalerie légère, au carré XLV, rangée E, tombe 12.
Pierre tombale du soldat de cavalerie James Murray, 13e régiment australien de cavalerie légère, cimetière de Tyne Cot. [DVA]
Peu de gens savent que des soldats de cavalerie légère australiens ont servi sur le Front occidental. Après Gallipoli, la plupart des troupes de la cavalerie légère australienne servirent le reste de la guerre au Moyen-Orient, mais le 13e Régiment de cavalerie légère et une partie du 4e (tous les deux du Victoria) furent amenés en France en tant que « cavalerie de division ». Ils furent employés principalement pour les travaux de maintien de l’ordre et de circulation, mais lorsque l’AIF avança dans la campagne vers la ligne d’Hindenberg au début 1917, ils furent utilisés comme éclaireurs. Pendant la bataille de la route de Menin, le 20 septembre 1917, les soldats de cavalerie légère furent envoyés en patrouille de renseignements, mais Bean les jugea sans grand intérêt dans un champ de bataille dominé par l’artillerie et les mitrailleuses. Ils furent tout de même utilisés pour apporter vers le front des mitrailleuses légères Hotchkiss, utilisées pour lutter contre les avions allemands de vol à basse altitude et le soldat de cavalerie Murray était en compagnie de ces mitrailleurs lorsqu’il fut tué par un obus près de la route de Menin, le 21 septembre 1917.
Pierre tombale du lieutenant Charles Bluett, 9e Bataillon (Queensland), cimetière de Tyne Cot. [DVA]
L’histoire des Australiens enterrés à Tyne Cot reflète celle de la participation de l’AIF dans la troisième bataille d’Ypres. Le lieutenant Charles Bluett, du 9e Bataillon (Queensland), enterré au carré IV, rangée C, tombe 21, reçut la « Military Cross » pour la bravoure dont il avait fait preuve lors de la bataille de la route de Menin, le 20 septembre, la première action importante de l’AIF à Ypres. Bluett était responsable d’une escouade d’approvisionnement mais une fois arrivé au front, il réalisa que tous les officiers supérieurs des compagnies d’offensive avaient été tués ou blessés. Il réorganisa donc l’offensive et l’amena jusqu’à son objectif final, faisant tout au long preuve d’« habileté », de « cran » et de « détermination ».
Pierre tombale du soldat de deuxième classe Frederick Knapp, 51e Bataillon (Australie-Occidentale), cimetière de Tyne Cot [DVA]
Vingt-sept hommes tués lors de la bataille du bois du Polygone, qui eut lieu le 26 septembre 1917, sont enterrés à Tyne Cot. Parmi eux se trouve le soldat de deuxième classe Frederick Knapp, du 51e Bataillon (Australie-Occidentale). Knapp, enterré au carré LX11, rangée F, tombe 15, était, selon son ami le soldat de deuxième classe Joseph O’Reilly, un « type très jovial », mais fut malheureusement anéanti par un obus allemand. Le soldat du Corps des transmissions George Harrison informa plus tard la Croix Rouge australienne que c’était la première fois que Knapp, âgé de 36 ans, s’était retrouvé sur la ligne.
Pour les hommes de l’AIF, la bataille de Broodseinde, qui se déroula le 4 octobre 1917, a toujours été considérée comme l’une de ses plus grandes victoires. Quatre divisons de l’Anzac - la Première, Deuxième et Troisième Divisions australiennes et la Division néo-zélandaise - combattirent côte à côte ce jour-là, pour la première fois durant la guerre, ce qui, selon Charles Bean, remonta le moral des soldats :
Mais cette nuit-là [le 3 octobre], quatre divisions de l’Anzac avançaient vers la ligne à l’unisson. Il y avait des signes que le commandement britannique avait entr’aperçu la vraie raison pour laquelle les autorités australiennes les importunaient constamment pour que leurs troupes restent ensemble […] mais il n’avait certainement aucune idée de ce que cela signifiait vraiment pour les troupes qui avançaient en cet instant dans l’obscurité.
Charles Bean, The Australian Imperial Force in France, 1917, Official History of Australia in the War of 1914–1918 (Les Forces impériales australiennes en France, 1917, Histoire officielle de l’Australie dans la Guerre de 1914-18), Volume IV. Sydney, 1935, p. 840
L’un des hommes ayant combattu le 4 octobre 1917 repose au carré XII, rangée B, tombe 14 : le lieutenant Harvey Freeman de la 11e Compagnie, Corps des mitrailleurs australiens, rattaché à la 11e Brigade, 3e Division. L’une des tâches assignées aux mitrailleurs était d’amener rapidement leurs lourdes mitrailleuses Vickers sur les postes venant d’être pris par l’infanterie puis de se préparer à la contre-offensive ennemie. Juste au sud de Tyne Cot, le matin du 4 octobre 1917, le 41e Bataillon (Queensland) avança à un poste de carrefour stratégique près de l’endroit où se trouve aujourd’hui la bifurcation pour le cimetière de Tyne Cot, sur la route de Passchendaele. Derrière les soldats du Queensland attendaient le lieutenant Freeman et deux de ses mitrailleurs équipés de Vickers. Ils se mirent rapidement en place et furent en mesure de causer des tirs mortels sur la campagne devant le nouveau poste australien. Comme on peut le voir sur la pierre tombale de Freeman, il avait reçu la « Military Cross » pour ses actions lors de la bataille de Broodseinde :
Durant l’avancée, sur un terrain lourdement bombardé, ses équipes [celles de Freeman] connurent des pertes, mais grâce à une organisation rapide il réussit à amener toutes ses mitrailleuses à l’objectif final. Sous un bombardement d’obus intense, il démontra une aptitude exceptionnelle à choisir les postes de tirs et un grand courage et sens de l’initiative dans la manœuvre de ses mitrailleuses, infligeant ainsi à l’ennemi des pertes sévères.
Lieutenant Harvey Freeman, recommandation pour la « Military Cross », www.awm.gov.au/cms_images/awm28/1/148P2/0037.pdf
Pierre tombale du lieutenant Harvey Freeman, Corps de mitrailleurs australiens, cimetière de Tyne Cot. [DVA]
Broodseinde constituait le summum des efforts de guerre britanniques pendant l’offensive des Flandres. Mais il commença à pleuvoir :
Des torrents d’eau tombaient du ciel. Il est difficile de décrire à quel point le champ s’est transformé en une mer de boue. Un véritable océan […] L’idée de se noyer dans cette horrible nappe... c’est une idée affreuse. Toute personne préfèrerait encore être tuée par balles et ne rien savoir.
Lieutenant J.W. Naylor, artillerie royale, cité par Lyn MacDonald dans They Called It Passchendaele (Ils l’appelaient Passchendaele), Londres, 1979, p. 186
C’est dans cette « mer de boue » que les hommes durent continuer à se battre, jusqu’à la prise du village de Passchendaele lui-même, à environ deux kilomètres au nord-est de Tyne Cot, au sommet de l’arête. L’AIF participa à deux tentatives pour prendre Passchendaele, la première le 9 octobre 1917, appelée la bataille de Poelcappelle, et la seconde le 12 octobre, la bataille de Passchendaele. Ce furent de ces combats dans le vent et la pluie et de ce qui restait, après un bombardement ininterrompu, des paysages couvert de boue et de trous d’obus de la Belgique, que provient le nom de « Passchendaele », couramment utilisé aujourd’hui pour désigner l’ensemble de l’offensive de Flandres. Ces batailles furent un échec, les unités y participant détruites et démoralisées. Bien des tombes de l’AIF de Tyne Cot portent les dates sinistres du 9 et 12 octobre 1917.
L’un des australiens morts le 9 octobre 1917 était le soldat de deuxième classe Charles Macintosh, de la 5e compagnie de mitrailleurs, au carré XXXVI, rangée C, tombe 15. A l’appui de l’infanterie, les mitrailleurs poussaient vers le sud de la route de Passchendaele, juste après Tyne Cot. Ils étaient près d’un site célèbre, la tranchée de la voie ferrée d’Ypres à Roulers. Après la guerre, le père de Macintosh écrivit sur le formulaire envoyé aux familles demandant des informations sur les soldats tombés au champ d’honneur et conservé ensuite au Mémorial australien de la guerre, que celui-ci avait été enterré à « la tranchée de Shands sur la voie ferrée d’Ypres à Roulers, en Belgique ». L’une des têtes de la 5e compagnie de mitrailleurs était le lieutenant Stanley Gritten, qui réussit à pousser la ligne en avant, mais qui découvrit que beaucoup des postes qu’il venait d’établir étaient vite entourés d’Allemands. Les postes furent mitraillés de manière ininterrompue et les hommes coururent en direction de la protection du talus de la voie ferrée, où beaucoup disparurent à jamais. Le soldat de deuxième classe James McCulloch, 5e compagnie de mitrailleurs, était avec Macintosh pendant cette déroute :
Pierre tombale du soldat de deuxième classe Charles Macintosh, 5e Compagnie de mitrailleurs, cimetière de Tyne Cot Cemetery. [DVA]
[Nous eûmes] presque le chemin coupé par l’ennemi. On donna l’ordre aux hommes de se débrouiller seuls, et le soldat de deuxième classe Macintosh et moi-même nous retrouvâmes ainsi à l’abri du même trou d’obus. Nous décidâmes de courir et je vis alors le soldat de deuxième classe Macintosh être blessé aux intestins et retomber dans le trou d’obus que nous venions de quitter. Les Allemands étaient presque sur nous, et je n’avais d’autre option que de continuer. Je fus le seul survivant de mon escouade. L’officier fut tué.
Fichier du Bureau des blessés et disparus de la Croix Rouge australienne, soldat de deuxième classe Charles Macintosh, www.awm.gov.au/redcross/person.asp?p=20048
L’assaut suivant sur Passchendaele, le 12 octobre 1917, fut conduit par les bataillons des 3e et 4e Divisions australiennes et la Division néo-zélandaise. Comme on l’a déjà vu, l’attaque néo-zélandaise fut un désastre. La 3e Division était si sûre d’elle qu’un homme portait même un drapeau australien pour le planter à Passchendaele. Cette « ruée pour Passchendaele », comme elle est appelée aujourd’hui, se solda par un repli et, en fin d’après-midi, les Australiens étaient revenus à leur point de départ, juste après Tyne Cot.
Employé de la Commission du Commonwealth des sépultures militaires nettoyant une tombe du cimetière de Tyne Cot. [DVA]
Pierre tombale du Capitaine Clarence Jeffries, 34e Bataillon (Nouvelle-Galles du Sud), cimetière de Tyne Cot. Remarquez que l’un des anciens blockhaus allemands de Tyne Cot se trouve à l’arrière-plan. Jeffries fut enterré tout près du type de bâtiment qu’il essayait de conquérir lorsqu’il fut tué le 12 octobre 1917. [DVA]
Un homme s’étant distingué ce jour-là fut le Capitaine Clarence Jeffries, du 34e Bataillon (Nouvelle-Galles du Sud), qui mena sa compagnie d’un emplacement situé juste après le cimetière de Tyne Cot dans une aube décrite par Charles Bean comme une « traînée blanchâtre à l’est de l’horizon ». La boue les retarda sur tout le chemin et bientôt les tirs d’une casemate les envoyèrent au sol. Jeffries, aidé du Sergent James Bruce, rassembla quelques hommes, déborda la casemate et lança la charge depuis l’arrière de celle-ci, capturant au passage 25 Allemands et deux mitrailleuses. Le Bataillon était sur le point d’arriver à son objectif mais avait subi des pertes importantes pendant l’avancée, et il ne restait plus que trois officiers, laissant des brèches importantes dans leur ligne. Comme l’avancée était sur le point de recommencer, une autre mitrailleuse allemande ouvrit le feu avec « des effets mortels ». Jeffries, une fois de plus accompagné de Bruce, mena une escouade destinée à faire taire les Allemands. Comme les tirs ne se faisaient que par brèves vagues, Jeffries fut en mesure de se rapprocher du poste de tir, et lorsqu’il vit que la mitrailleuse commençait à tirer dans une autre direction, se jeta dans le poste avec ses hommes. Soudain, la mitrailleuse revint en position, Jeffries fut tué et ses hommes envoyés au sol, mais ils regagnèrent du territoire et finirent par capturer 25 soldats ennemis et deux autres mitrailleuses. Bean écrivit que « l’initiative courageuse et efficace [de Jeffries] fit disparaître le danger principal pour l’avancée ».
Le Capitaine Clarence Smith Jeffries fut décoré à titre posthume de la « Victoria Cross » pour la bravoure dont il avait fait preuve à Passchendaele. Contrairement à de nombreux autres, qui disparurent dans la boue, son corps fut retrouvé et repose aujourd’hui au carré XL, rangée E, tombe 1, au cimetière de Tyne Cot, près des restes d’une casemate en béton allemande. Sur sa tombe, une épitaphe qui pourrait s’appliquer à tous les hommes de l’AIF enterrés ici dans cette véritable cité de pierres tombales :
Sur le camp éternel de la gloire
Leurs tentes silencieuses sont dressées.
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![Panneau de la Commission du Commonwealth des sépultures militaires indiquant la direction du cimetière de Tyne Cot sur la route N303 allant de Broodseinde à Passchendaele. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-1a-tn.jpg)
![Panneau indicateur : Tynecotstraat, la rue de Tyne Cot. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-1-tn.jpg)
![Entrée du cimetière de Tyne Cot. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-2-tn.jpg)
![Cimetière de Tyne Cot. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-3-tn.jpg)
![Cimetière de Tyne Cot, octobre 1924. [AWM H11685]](/tyne-cot/images/awm-h11685-tn.jpg)
![Pierres tombales dans le cimetière de Tyne Cot et le mur du Mémorial aux Disparus de Tyne Cot à l’arrière-plan. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-4-tn.jpg)
![Mur, cimetière de Tyne Cot. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-22-tn.jpg)
![Les morts et blessés sur des brancards à l’extérieur d’une casemate allemande conquise servant de poste de secours australien, Zonnebeke, le 12 octobre 1917. [AWM E01202]](/tyne-cot/images/awm-e01202-tn.jpg)
![Mémorial de Nouvelle-Zélande, cimetière de Tyne Cot. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-5a-tn.jpg)
![Panneau commémoratif, Mémorial aux disparus de Nouvelle-Zélande, Tyne Cot. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-5-tn.jpg)
![Certains des « disparus », Mémorial de Nouvelle-Zélande, Tyne Cot. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-6-tn.jpg)
![L’un des « disparus », soldat néo-zélandais, cimetière de Tyne Cot. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-7-tn.jpg)
![Tombeau d’origine, derrière la Croix du Sacrifice, cimetière de Tyne Cot. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-8-tn.jpg)
![Pierre tombale du sergent Alexander Fraser, 9e Bataillon (Queensland), un « Anzac », cimetière de Tyne Cot. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-9-tn.jpg)
![Cheval de bât portant des obus dans la boue, H. Septimus Power, 1917. [Huile sur panneau dur AWM ART03307]](/tyne-cot/images/awm-art03307-tn.jpg)
![Rangées de pierres tombales, cimetière de Tyne Cot. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-10-tn.jpg)
![Pierre tombale du soldat de cavalerie James Murray, 13e régiment australien de cavalerie légère, cimetière de Tyne Cot. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-11-tn.jpg)
![Artillerie australienne en action près de Zonnebeke, en octobre 1917. [AWM E01209]](/tyne-cot/images/awm-e01209-tn.jpg)













![Pierre tombale du lieutenant Charles Bluett, 9e Bataillon (Queensland), cimetière de Tyne Cot. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-12-tn.jpg)
![Pierre tombale du soldat de deuxième classe Frederick Knapp, 51e Bataillon (Australie-Occidentale), cimetière de Tyne Cot [DVA]](/tyne-cot/images/tc-13-tn.jpg)
![Pierre tombale du lieutenant Harvey Freeman, Corps de mitrailleurs australiens, cimetière de Tyne Cot Cemetery. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-14-tn.jpg)
![Pierre tombale du soldat de deuxième classe Charles Macintosh, 5e Compagnie de mitrailleurs, cimetière de Tyne Cot Cemetery. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-15-tn.jpg)
![Centre d’informations de Tyne Cot [DVA]](/tyne-cot/images/tc-42-tn.jpg)
![Centre d’informations de Tyne Cot [DVA]](/tyne-cot/images/tc-43-tn.jpg)
![Centre d’informations de Tyne Cot [DVA]](/tyne-cot/images/tc-44-tn.jpg)
![Centre d’informations de Tyne Cot [DVA]](/tyne-cot/images/tc-45-tn.jpg)
![Centre d’informations de Tyne Cot [DVA]](/tyne-cot/images/tc-46-tn.jpg)
![Centre d’informations de Tyne Cot [DVA]](/tyne-cot/images/tc-47-tn.jpg)
![Porte, cimetière de Tyne Cot. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-23-tn.jpg)
![Employé de la Commission du Commonwealth des sépultures militaires nettoyant une tombe du cimetière de Tyne Cot. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-27-tn.jpg)
![Pierre tombale du Capitaine Clarence Jeffries, 34e Bataillon (Nouvelle-Galles du Sud), cimetière de Tyne Cot. Remarquez que l’un des anciens blockhaus allemands de Tyne Cot se trouve à l’arrière-plan. Jeffries fut enterré tout près du type de bâtiment qu’il essayait de conquérir lorsqu’il fut tué le 12 octobre 1917. [DVA]](/tyne-cot/images/tc-16-tn.jpg)