France 1918: Défense d'Amiens

Villers-Bretonneux, Mémorial national australien

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Une vie que nous ne pourrons oublier

Cimetière de Villers-Bretonneux avant la mise en place de pierres tombales permanentes, Somme, France. [Archives nationales d’Australie MP1372/1 445809-0005]

Cimetière de Villers-Bretonneux avant la mise en place de pierres tombales permanentes, Somme, France. [Archives nationales d’Australie MP1372/1 445809-0005]

Cimetière militaire de Villers-Bretonneux avec la Croix du Sacrifice et le Mémorial national australien plus loin. [DVA]

Cimetière militaire de Villers-Bretonneux avec la Croix du Sacrifice et le Mémorial national australien plus loin. [DVA]

Drapeaux français et australien flottant à la limite entre le Mémorial national australien et le cimetière militaire de Villers-Bretonneux, à Villers-Bretonneux. [DVA]

Drapeaux français et australien flottant à la limite entre le Mémorial national australien et le cimetière militaire de Villers-Bretonneux, à Villers-Bretonneux. [DVA]

Pavillon du cimetière militaire de Villers-Bretonneux. [DVA]

Pavillon du cimetière militaire de Villers-Bretonneux. [DVA]

Le chemin pour aller au Mémorial national australien passe par le cimetière militaire de Villers-Bretonneux, avec des rangées de tombes des deux côtés. Au sommet de la pente se dresse la Grande Croix et au-delà, les mâts au sommet desquels flottent les drapeaux australien et français, marquant la limite du Mémorial national. Les soldats australiens nommés sur ces pierres tombales témoignent des campagnes militaires de l’AIF dans cette région.

Membres du 52e Bataillon (Australie-Méridionale, Australie-Occidentale et Tasmanie) lors des funérailles du major William Alexander Craies, Villers-Bretonneux, France, 26 avril 1918. [AWM E02259]

Membres du 52e Bataillon (Australie-Méridionale, Australie-Occidentale et Tasmanie) lors des funérailles du major William Alexander Craies, Villers-Bretonneux, France, 26 avril 1918. [AWM E02259]

Le soldat de deuxième classe Reginald Malligan, du 33e Bataillon (Nouvelle-Galles du Sud), repose au carré XII, rangée D, tombe 5. C’est lors de la fameuse bataille de Villers-Bretonneux, qui eut lieu le 24 et 25 avril 1918, que l’AIF reprit la ville des mains allemandes. Cependant, Reginald Malligan fut tué par balle au champ d’honneur, le 30 mars 1918, dans une bataille moins connue : la première bataille de Villers-Bretonneux, dont l’objectif était de retenir l’avancée allemande, du 30 mars au 4 avril. Le soldat de deuxième classe Cecil Walsh, du 33e Bataillon, se souvint de Malligan, alors âgé de 18 ans, comme d’un jeune homme « mince, brun, rasé de près, qui chantait bien ».

Tombes venant d’être creusées dans le cimetière militaire de Villers-Bretonneux, juillet 1919. [AWM E05492]

Tombes venant d’être creusées dans le cimetière militaire de Villers-Bretonneux, juillet 1919. [AWM E05492]

Pierre tombale du soldat de deuxième classe Reginald Malligan, 33e Bataillon (Nouvelle-Galles du Sud), cimetière militaire de Villers-Bretonneux. [DVA]

Pierre tombale du soldat de deuxième classe Reginald Malligan, 33e Bataillon (Nouvelle-Galles du Sud), cimetière militaire de Villers-Bretonneux. [DVA]

La Pierre du Souvenir à l’entrée du cimetière militaire de Villers-Bretonneux. [DVA]

La Pierre du Souvenir à l’entrée du cimetière militaire de Villers-Bretonneux. [DVA]

La date sur la pierre tombale du soldat de deuxième classe Albert Macklan, 59e Bataillon (Victoria), au carré XI, rangée C, tombe 4, est le 26 avril 1918. Elle représente un souvenir plus connu, la reprise de Villers-Bretonneux des mains allemandes la nuit du 24 au 25 avril, qui avait occasionné des combats sur les terres où se trouve aujourd’hui le cimetière. Macklan a probablement avancé avec ses compagnons dans cette campagne, jusqu’à ce que le 59e Bataillon atteigne son objectif, juste au-delà de la ville, et au nord de la route principale menant à Lamotte-Warfusée. Là, ils durent se retrancher et il fut blessé par un obus, transporté par des brancardiers jusqu’au poste de secours, où il succomba. Macklan s’était engagé en dépit de l’interdiction de ses parents, et on s’en souvint comme d’un garçon « enjoué ».

Pierre tombale du soldat de deuxième classe Albert Macklan, 59e Bataillon (Victoria), cimetière militaire de Villers-Bretonneux. [DVA]

Pierre tombale du soldat de deuxième classe Albert Macklan, 59e Bataillon (Victoria), cimetière militaire de Villers-Bretonneux. [DVA]

En marchant parmi les rangées de stèles, on continue à voir la même année, 1918 : 4 juillet, bataille de Le Hamel ; 8 août, bataille d’Amiens ; 9 août, Lihons ; 12 août, Proyart... Après le 11 août, il y eut une halte temporaire de l’avancée britannique sur les plaines de la Somme à l’est de Villers-Bretonneux. Mais les Australiens continuèrent de tomber.

Pierre tombale du lieutenant Hugh McColl, 38e Bataillon (Victoria), cimetière militaire de Villers-Bretonneux. [DVA]

Pierre tombale du lieutenant Hugh McColl, 38e Bataillon (Victoria), cimetière militaire de Villers-Bretonneux. [DVA]

Le 16 août 1918, le soldat de deuxième classe Rupert Hanson, un brancardier de la 4e Ambulance de campagne, âgé de 22 ans, décrit comme « un gars très enjoué et qui connaît la musique », était en train d’écrire une lettre dans un espace ouvert quelque part près de Rosières, lorsqu’un obus explosif tomba non loin, le tuant instantanément. Hanson, comme le révèle son épitaphe, avait reçu une médaille militaire pour son courage lors de la bataille de Le Hamel, le 4 juillet 1918 :

Il mena ses hommes par deux fois à travers un tir de barrage très dense et leur donna un splendide exemple de sang-froid et de courage en allant voir des blessés gisant dans des endroits à découvert sous les tirs d’obus. Il continua à les transporter [sur des brancards] avec la plus grande détermination jusqu’à l’épuisement.

Soldat de deuxième classe Rupert Hanson, recommandation pour la médaille militaire,
www.awm.gov.au/cms_images/awm28/1/236/0184.pdf

Rupert Hanson repose au carré II, rangée C, tombe 2.

Pierre tombale du lieutenant Jean Brillant VC MM, Régiment québécois, infanterie canadienne, 46e Bataillon (Victoria), cimetière militaire de Villers-Bretonneux. Brillant était québécois et sa pierre tombale porte cette épitaphe : Fils de Joseph Brillant, enrôlé volontairement à Rimouski, Province de Québec, Tombé glorieusement sur le sol de ses ancêtres. Le 8 août 1918, durant la grande avancée à l’est de Villers-Bretonneux, le Corps d’armée canadien combattit au sud des Forces armées impériales australiennes. [DVA]

Pierre tombale du lieutenant Jean Brillant VC MM, Régiment québécois, infanterie canadienne, 46e Bataillon (Victoria), cimetière militaire de Villers-Bretonneux. Brillant était québécois et sa pierre tombale porte cette épitaphe : Fils de Joseph Brillant, enrôlé volontairement à Rimouski, Province de Québec, Tombé glorieusement sur le sol de ses ancêtres. Le 8 août 1918, durant la grande avancée à l’est de Villers-Bretonneux, le Corps d’armée canadien combattit au sud des Forces armées impériales australiennes. [DVA]

Comme toujours, l’œil s’arrête automatiquement sur l’épitaphe personnelle de chaque stèle. Ces épitaphes furent envoyées à la Commission impériale des sépultures militaires britanniques vers le milieu des années 1920, lors de la construction de ces cimetières. Le texte était soumis en bas de ce que l’on appelait le « Roll of Honour Circular », un formulaire envoyé par le Mémorial australien de la guerre aux parents de tous les soldats et membres du personnel de l’AIF décédés, pour collecter des informations sur ces hommes et femmes et les inclure dans son Tableau d’Honneur.

La mère du soldat de deuxième classe Edwin Nicholls, du 46e Bataillon (Victoria), qui repose au carré XI, rangée C, tombe 1, informa le Mémorial australien que la guerre leur avait également enlevé deux cousins de Nicholls, le lieutenant John Chapman et le soldat de deuxième classe Charles Price. L’avion de Chapman était venu s’écraser durant la bataille d’Amiens le 8 août 1918, et sa tombe se trouve dans le cimetière de Heath, à l’est de Villers-Bretonneux, sur la route menant à St Quentin.

Pierre tombale du soldat de deuxième classe Edwin Nicholls, 46e Bataillon (Victoria), cimetière militaire de Villers-Bretonneux. [DVA]

Pierre tombale du soldat de deuxième classe Edwin Nicholls, 46e Bataillon (Victoria), cimetière militaire de Villers-Bretonneux. [DVA]

Nicholls avait été décoré de nombreuses fois, et dans une période de quatre mois seulement avait reçu la médaille militaire récompensant les conduites exemplaires (« Distinguished Conduct Medal ») et la Médaille militaire. Cette dernière lui fut décernée pour son comportement exemplaire en tant que messager près d’Albert le 6 avril 1918, où il était revenu vers les arrières avec un communiqué important, tout en aidant des brancardiers à transporter un officier blessé. Il dit alors : « Mon commandant a besoin de moi », et repartit sous une pluie de tirs, rampant sur la plus grande partie du chemin, de trou d’obus en trou d’obus, exposé au feu des tireurs embusqués à chaque fois qu’il en sortait. « Il s’agit, comme il était affirmé dans sa recommandation pour la Médaille militaire, d’un superbe exemple de dévouement à son devoir ». La médaille de conduite exemplaire, plus prestigieuse, fut décernée à Nicholls pour son aptitude à mener ses troupes le 8 août 1918 durant la bataille d’Amiens, durant laquelle « les élans audacieux de cet homme encouragèrent grandement ses camarades ». Blessé au cou par un obus le 18 août, Nicholls, décrit comme étant « un gars sans pareil », mourut au poste de secours, probablement avant d’avoir su qu’il avait reçu la médaille de conduite exemplaire. Il avait 19 ans et demi. Sa mère demanda à ce que les mots suivants soient gravés sur sa tombe :

Il vit dans les
Cœurs de ceux qu’il a laissés.
Une vie que
nous ne pourrons oublier.
Maman.

Pavillon du cimetière militaire de Villers-Bretonneux. [DVA]

Pavillon du cimetière militaire de Villers-Bretonneux. [DVA]

Vue depuis le cimetière militaire de Villers-Bretonneux en direction de Corbie. On peut voir au loin l’église de Corbie. [DVA]

Vue depuis le cimetière militaire de Villers-Bretonneux en direction de Corbie. On peut voir au loin l’église de Corbie. [DVA]


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