France 1918: Défense d'Amiens

Villers-Bretonneux, Mémorial national australien

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Votre souvenir restera à jamais vivant – la ville de Villers-Bretonneux

Le 25 avril 1918, Villers-Bretonneux ressemblait à toute autre ville ou village dévasté le long du front occidental en France ou en Belgique. Les maisons des pauvres comme les châteaux des très riches gisaient tous en partie, sans toit, vidés. Les bâtiments publics, dont certains dataient du Moyen-âge, étaient détruits et inutilisables. Les églises anciennes n’étaient plus que des ruines, où les statues et icônes sacrées se mêlaient aux débris de vitrail cassé, de pierres et de bois carbonisé. Pour une raison ou pour une autre, ce furent les églises, emblématiques de la civilisation européenne, qui attirèrent le plus l’attention des photographes officiels et des artistes de toutes les nations. La coquille vide de ces bâtiments représentait un symbole frappant des effets de la guerre sur Villers-Bretonneux et des centaines d’autres endroits.

Rue de Melbourne, Villers-Bretonneux. [DVA]

Rue de Melbourne, Villers-Bretonneux. [DVA]

Maisons détruites dans une rue de Villers-Bretonneux, France, mai 1918, [AWM E02156]

Maisons détruites dans une rue de Villers-Bretonneux, France, mai 1918, [AWM E02156]

Soldat de deuxième classe Arthur Townsend, 46e Bataillon (Victoria), préparant des légumes récupérés dans un jardin en ruines, Villers-Bretonneux, France, mai 1918. [AWM E02185]

Soldat de deuxième classe Arthur Townsend, 46e Bataillon (Victoria), préparant des légumes récupérés dans un jardin en ruines, Villers-Bretonneux, France, mai 1918. [AWM E02185]

Vue de l’église en ruines de Villers-Bretonneux, France, mai 1918. [AWM E02157]

Vue de l’église en ruines de Villers-Bretonneux, France, mai 1918. [AWM E02157]

Nom de rue rendant hommage à l’Australie, Villers-Bretonneux. [DVA]

Nom de rue rendant hommage à l’Australie, Villers-Bretonneux. [DVA]

Église, Villers-Bretonneux. [DVA]

Église, Villers-Bretonneux. [DVA]

Evelyn Chapman, la première artiste australienne à se rendre sur les champs de bataille, peignant les ruines de l’église de Villers-Bretonneux, France, juillet 1918. [AWM E05495]

Evelyn Chapman, la première artiste australienne à se rendre sur les champs de bataille, peignant les ruines de l’église de Villers-Bretonneux, France, juillet 1918. [AWM E05495]

Église en ruines à Villers-Bretonneux, Evelyn Chapman. [Tempera sur papier feutré AWM ART19588]

Église en ruines à Villers-Bretonneux, Evelyn Chapman. [Tempera sur papier feutré AWM ART19588]

Hôtel de Ville de Villers-Bretonneux. [DVA]

Hôtel de Ville de Villers-Bretonneux. [DVA]

Les habitants de la ville revinrent peu à peu. Ils savaient parfaitement qui avaient reconquis leurs maisons, contrairement aux affirmations d’un rapport britannique qui déclarait : « la superbe idée du Troisième Corps d’armée pour reprendre Villers-Bretonneux fut mise en œuvre de manière habile par la 8e Division, avec l’aide des 13e et 15e Brigades d’infanterie australiennes ».

Un an à peine après le célèbre jour de l’Anzac 1918, jour où les troupes de l’AIF entrèrent dans la ville, le 14 juillet 1919, les habitants de Villers-Bretonneux firent preuve de leur gratitude. Une plaque spéciale qui se trouve aujourd’hui dans la galerie du front occidental du Mémorial australien de la guerre, fut inaugurée et présentée aux membres d’un détachement des sépultures militaires australiennes, qui travaillait encore à Villers-Bretonneux. Lors de la remise de cette plaque, le maire mentionna les liens solides qui existaient dès lors entre sa ville et ce continent lointain que peu de ses habitants avaient jamais vu :

Les premiers habitants de Villers-Bretonneux qui se rétablirent dans les ruines de ce qui était autrefois une petite ville prospère ont, au moyen d’une donation, montré leur désir de remercier les valeureuses armées australiennes, qui avec leur enthousiasme spontané et leur élan typique, chassèrent en quelques heures un ennemi de dix fois leur taille […] Soldats d’Australie, dont les frères reposent ici dans le sol français, restez assurés que votre souvenir restera à jamais vivant, et que les lieux de funérailles de vos morts seront toujours traités et entretenus avec le plus grand respect.

Plaque commémorative présentée par les habitants de Villers-Bretonneux en souvenir des soldats australiens tués dans la défense de la ville en avril 1918. [AWM RELAWM00770]

Plaque commémorative présentée par les habitants de Villers-Bretonneux en souvenir des soldats australiens tués dans la défense de la ville en avril 1918. [AWM RELAWM00770]

Habitants de Villers-Bretonneux sur le point de retourner chez eux dans cette ville en grande partie détruite, posant avec des soldats australiens, Somme, France, 1918. [AWM P01543-001]

Habitants de Villers-Bretonneux sur le point de retourner chez eux dans cette ville en grande partie détruite, posant avec des soldats australiens, Somme, France, 1918. [AWM P01543-001]

Depuis 1919, le souvenir de l’aide australienne à Villers-Bretonneux a effectivement été gardé vivant. La ville fut adoptée par la commune de Melbourne et des fonds furent collectés pour aider à sa reconstruction. Les enfants de l’état du Victoria collectèrent de l’argent pour reconstruire l’école locale, qui s’appelle depuis l’école Victoria. Au sein des bâtiments de l’école se trouve le Musée franco-australien, qui abrite tout un ensemble de choses sur les liens entre cette ville et l’Australie durant la guerre mais aussi plus récemment. Depuis 1919, les hommes et femmes de la Commission des sépultures militaires du Commonwealth, au nom de l’Australie et de tous les autres pays de l’ancien Empire britannique et du Commonwealth ayant perdu des soldats de l’armée de l’air et de terre dans les batailles autour de Villers-Bretonneux, ont pris grand soin des cimetières militaires, mémoriaux et monuments aux morts qui parsèment la région.

Panneau indicateur pour l’école Victoria, Villers-Bretonneux. [DVA]

Panneau indicateur pour l’école Victoria, Villers-Bretonneux. [DVA]

Inscription sur l’école Victoria, Villers-Bretonneux. [DVA]

Inscription sur l’école Victoria, Villers-Bretonneux. [DVA]

Porte de l’école Victoria et du musée franco-australien, Villers-Bretonneux. [DVA]

Porte de l’école Victoria et du musée franco-australien, Villers-Bretonneux. [DVA]

Dessins sur la fenêtre de l’école Victoria, Villers-Bretonneux.. [DVA]

Dessins sur la fenêtre de l’école Victoria, Villers-Bretonneux.. [DVA]

Intérieur endommagé par les obus d’une maison de Villers-Bretonneux, ultérieurement rénové pour être inclus dans le Musée de la guerre en Australie, Somme, France, juillet 1918. [AWM E02774]

Intérieur endommagé par les obus d’une maison de Villers-Bretonneux, ultérieurement rénové pour être inclus dans le Musée de la guerre en Australie, Somme, France, juillet 1918. [AWM E02774]

Mais de toutes les personnes qui étaient résolues à immortaliser le souvenir des Australiens à Villers-Bretonneux, aucune n’était plus déterminée que l’historien officiel de l’Australie, Charles Bean. Le 24 juillet 1918, en compagnie de l’artiste John Longstaff, il se rendit à Villers-Bretonneux pour essayer de récupérer les restes d’une pièce d’une maison typique de la ville. Ce jour-là, le gaz moutarde ennemi était encore présent dans les bâtiments de Villers-Bretonneux. Bean revint donc le 28 juillet avec Longstaff, mais aussi accompagné de Hubert Wilkins, un photographe, et du lieutenant Syd Gullett de la Section des registres australiens sur la guerre. Pendant que Gullett et Wilkins tentaient avec peine de vider la pièce, en enlevant une penderie, les encadrements de fenêtres, des carreaux, le papier du plafond, le papier peint, les équipements militaires allemands et bien davantage, Longstaff peignit l’extérieur de la maison. Wilkins photographia alors tout le reste et Bean et Gullett firent des dessins. Bean voulait reconstruire cette pièce pour qu’elle soit exposée dans son futur Mémorial australien de la guerre dédié à l’AIF en Australie. Une pièce d’une maison en ruines de Villers-Bretonneux, selon Bean, représenterait mieux que toute autre chose pour les habitants d’Australie ce pour quoi leurs proches s’étaient battus et étaient morts si loin de leurs propres foyers.

Épitaphe sur une pierre tombale, cimetière militaire de Villers-Bretonneux. [DVA]

Épitaphe sur une pierre tombale, cimetière militaire de Villers-Bretonneux. [DVA]

Vue du cimetière militaire de Villers-Bretonneux entre les colonnes du pavillon de gauche. [DVA]

Vue du cimetière militaire de Villers-Bretonneux entre les colonnes du pavillon de gauche. [DVA]


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